Des nouvelles de Lemix, la distribution Linux de l’EMI

Logo Lemix

Lancée en Février 2007, par un petit groupe d’étudiants de l’Ecole Mohammadia d’Ingénieurs (EMI), la distribution Lemix avait suscité beaucoup d’intérêt. Elle était d’une part la première distribution Linux marocaine, et répondait d’autre part à un réel besoin d’utilisation de logiciels libres scientifiques dans les universités et les écoles d’ingénieurs marocaines.

Pour présenter brièvement Lemix, il s’agit d’une distribution Linux basée sur Ubuntu et qui a pour vocation de fournir aux étudiants d’universités et d’écoles d’ingénieurs un outil qui rassemble un maximum de logiciels libres scientifiques, tout en s’adaptant au contexte marocain. Une partie des logiciels est traduite en arabe, et un support pour le fameux modem Sagem Fast 800 de Maroc Telecom est offert. Vous trouverez une liste détaillant les logiciels présents, sur une présentation que j’avais effectuée lors de la Linux Party 2007.

Le projet n’a malheureusement pas été repris par les promotions suivantes de l’EMI. Les logiciels et les besoins ont évolué depuis le lancement de la distribution, mais des efforts sont en cours, pour qu’une nouvelle version voit le jour.

Le projet Lemix était hébergé gracieusement par Intermaroc, mais le site a été brutalement suspendu par l’hébergeur. Il n’était donc plus possible depuis quelques mois de télécharger la distribution.

L’image ISO de Lemix est à nouveau disponible sur ce lien.

Pour toute question ou interrogation concernant Lemix, n’hésitez pas à me contacter.

Changements climatiques au Maroc : Ce qui nous attend

Maroc Sécheresse

De part sa position géographique particulière, le Maroc est un des pays les plus vulnérables au changements climatiques dans le monde. Son littoral de 3500 KM, sur lequel sont installés 80% des infrastructures industrielles et énergétiques, peut devenir un grave handicap en cas de remontée du niveau des mers. La sécheresse, devenue récurrente durant les dernières décennies, risque de devenir structurelle. Dans un pays où l’agriculture emploie 40% de la population active, on a de sérieux soucis à se faire. Ajoutez à cela une désertification et une déforestation accentuées, une pollution des nappes phréatiques et l’extermination de dizaines d’espèces animales et végétales.

Les analyses météorologiques au Maroc confirment une augmentation de la température de 0,16°C par décennie, une diminution de la durée des vagues de froid de 11 jours en 45 ans, et une augmentation des vagues de chaleur, en nombre et en durée. Les précipitations se concentrent de plus en plus d’un an, et sont généralement suivies par 3 ou 4 ans de relative sécheresse.

Une prise de conscience commence à émerger, mais dépasse rarement le stade d’intentions, ou de stratégies annoncées en grande pompe. Dans un pays miné par plus de 40% de taux d’analphabétisme, les mentalités sont difficiles à changer.

Mais à quel point le Maroc contribue-t-il au réchauffement climatique? Par définition, toute activité humaine émet du CO2. Un bilan des émissions carboniques réalisé en 1996 a permis d’établir que le marocain émettait en moyenne 1,82 tonnes de CO2 par an. Bien moins qu”un qatari (52 tonnes/an) ou un américain (19 tonnes/an).

En gros, les responsables du réchauffement climatique ne sont pas vraiment au Maroc. Mais on y contribue indéniablement. Un tournant économique important est entrain de se produire, et il serait temps d’en faire partie. Après avoir raté le train de la révolution industrielle, et de la révolution numérique, il ne faudra pas rater celui de la révolution verte. De l’énergie au bâtiment, en passant par l’automobile, ce sont des technologies qui peuvent être à notre portée, pour peu que la volonté politique et économique soient présentes.

Le déclenchement pourrait probablement venir du projet Desertec qui a pour ambition d’investir 400 milliards d’euros dans la production d’énergie solaire à partir des déserts d’Afrique du Nord et d’Arabie, pour l’acheminer ensuite en Europe. Le projet est pour l’instant en cours d’étude, mais s’il viendrait à se concrétiser, ce serait un véritable tournant dans la production énergétique mondiale, jusque là très dépendante des énergies fossiles. Au Maroc, ce projet pourrait transformer la structure énergétique du pays. D’importateur d’énergie à 98% de ses besoins, le Maroc pourrait alors se transformer en exportateur.

D’ici là, un profond changement de nos habitudes doit s’opérer dans nos déplacements, notre consommation électrique, la gestion de nos déchets… En attendant que les grands de ce monde décident à Copenhagen du visage qu’ils souhaitent donner à cette planète pour les décennies et les siècles à venir.

Si les questions environnementales au Maroc vous intéressent, je vous recommande vivement le blog de M. Taha Balafrej.

Ce billet est une contribution au Blog Action Day, consacré cette année aux changements climatiques.

Comparatif des tarifs bancaires au Maroc

Banques Maroc

 


Article gagnant du Maroc Blog Awards 2010, dans la catégorie “Meilleur article de blog de l’année”.

Avec un taux de bancarisation de 40%, le Maroc est classé parmi les premiers pays arabes et africains. Malgré des tarifs souvent jugés élevés, et parfois injustifiés, de plus en plus de marocains ouvrent un compte bancaire pour pouvoir bénéficier de la multitude de services qui y sont associés.

Depuis 2006, un accord entre le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) et Bank Al Maghrib prévoit la gratuité pour certaines opérations basiques comme l’ouverture et la clôture des comptes, délivrance de chéquiers, envoi de relevé de compte mensuel, versement d’espèces…

Une autre obligation concerne la transparence des prix pratiqués. Les agences bancaires sont tenues d’afficher leurs tarifs bancaires dans les agences. Lors de ma tournée dans des agences bancaires de Rabat, elles affichaient toutes clairement ces tarifs, mis à part une agence du CIH, qui affichait des tarifs obsolètes depuis quelques mois… Par contre, la quasi-totalité des banques n’affichent pas le détail des tarifs bancaires sur leurs sites Internet, exception faite de la BMCI et de la SGMB, même s’ils sont difficiles à trouver pour cette dernière. Une mention spéciale tout de même pour le Crédit Agricole qui n’a pas de site web!

Comparer les tarifs bancaires n’est pas du tout aisé. Certaines banques facturent des opérations par unité, d’autres proposent également à leurs clients des packages bancaires incluant les opérations les plus courantes. Par choix de simplicité, j’ai choisi d’ignorer ces packages, et ne traiter que les tarifs des opérations à l’unité.

Pour réaliser un comparatif entre les banques marocaines, j’ai essayé d’établir un profil type de client réalisant un certain nombre d’opérations payantes par an :

  • Frais de tenue de compte.
  • Carte Visa Classic.
  • Un virement classique hors place tous les 3 mois.
  • Un encaissement de chèques tous les 2 mois.
  • 2 retraits GAB dans une banque tierce par mois.
  • Une opposition sur chèque par an.

Faute d’informations suffisantes, je n’ai pas pu inclure les tarifs d’accès aux services web et les frais applicables aux prélèvements bancaires.

Voici donc un aperçu des tarifs pratiqués par les 7 banques comparées : la Banque Populaire (BP), Attijariwafa Bank (AWB), la Société Générale Marocaine des Banques (SGMB), le Crédit du Maroc (CdM), la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie (BMCI), et le Crédit Agricole du Maroc (CAM).  Tous ces tarifs sont Hors Taxes.

Tableau Tarifs Bancaires Maroc

Graphe Tarifs Bancaires

On relève donc que la Banque Populaire (BP) est la banque la moins chère, tandis que la BMCI est la plus chère selon ce comparatif.

Ces disparités s’expliquent surtout par des raisons de stratégie commerciale. La BP ou le Crédit Agricole du Maroc (CAM), se sont traditionnellement orientées vers une clientèle populaire souhaitant avoir accès à des services basiques facturés à des prix abordables. D’autres continuent à pratiquer des prix plus élevés afin de sélectionner des clients plus aisés et ayant des dépôts plus importants.

Il est à noter que d’autres établissement bancaires comme la Banque Postale ou la Trésorerie Générale du Royaume appliquent des prix encore plus bas, mais ne proposent que des services bancaires réduits au minimum. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas été inclus dans ce comparatif. Il n’est par exemple pas possible d’obtenir de carte bancaire chez ces 2 établissements.

Pour conclure, il apparait clairement que les tarifs restent tout de même élevés pour un pays comme le Maroc qui vise à bancariser 60% de sa population en 2013. Beaucoup de banques dans le monde appliquent aujourd’hui des tarifs bancaires très bas, ne facturent plus de frais de tenue de compte, et appliquent uniquement des frais annuels aux détenteurs de cartes bancaires. Le but de ces banques est de surtout attirer les dépôts (en domiciliant les salaires par exemple), et de les utiliser pour des activités plus rémunératrices comme l’octroi des crédits ou l’investissement sur les marchés financiers. Au vu de leurs résultats financiers annuels exceptionnels, nos banques pourraient faire un effort, non?

Wikitravel Project – Morocco

Chefchaouen

Lancé en 2003, le projet Wikitravel a pour principe de rassembler et de fournir un maximum d’informations sur des destinations touristiques partout dans le monde. Basé sur un modèle similaire à celui de Wikipedia, il rassemble aujourd’hui des informations sur plus de 22 000 destinations dans le monde en 18 langues. Wikitravel a reçu en 2007 un Webby pour le meilleur site de voyage dans le Monde.

Consulter la page Wikitravel de leur destination est devenu un réflexe pour beaucoup de voyageurs, juste avant de boucler leur valise, ne serait ce que pour connaitre le meilleur moyen de regagner le centre ville depuis l’aéroport, d’avoir une idée sur les endroits à visiter, ou des meilleurs cafés ou restaurants de la ville.

Où en est le plus-beau-pays-du-monde dans tout cela? Ben à la traine. Comme d’habitude diraient les mauvaises langues. Mis à part les pages en anglais concernant le Maroc, Casablanca, et Marrakech, les autres articles sont plutôt pauvres en informations, voire inexistants pour beaucoup de villes. Pire encore, aucun article en langue arabe concernant le Maroc. Il serait temps de réparer cette injustice, et de faire valoir les atouts de nos villes sur ce formidable outil.

Comment faire? J’ai rassemblé sur cette page une liste de pages de villes marocaines en 4 langues (arabe, français, anglais et espagnol). Certaines sont déjà créées, d’autres pas. Vous pouvez aller sur la page de votre ville natale, celle de votre ville de résidence, ou tout simplement celle d’une ville que vous connaissez bien. Libre à vous ensuite d’ajouter des informations sur la ville, en prenant modèle sur des pages déjà existantes, et bien fournies. Donnez un brève présentation de la ville, un aperçu historique, les principaux lieux et monuments à visiter, ainsi qu’une idée sur ses meilleurs cafés, restaurants et hôtels, classés si possible par catégories de prix.

On prendra modèle sur les pages de Lille [fr], de Bratislava [en], et de Sevilla [es]. Les pages en arabe sont encore dans un état embryonnaire. Pourquoi ne pas donner l’exemple par des pages du Maroc alors?

Voici une liste non exhaustive des villes marocaines que l’on trouve sur Wikitravel. N’hésitez pas à en créer des nouvelles et m’en informer pour que je puisse les ajouter sur la liste.

PS : Une page en arabe de la république sahraouie fantôme figure parmi la liste des pays. Rétablissons les vérités historiques 🙂

Configuration du Sagem Fast 800 de Menara sous Ubuntu : Changement de paramètres

Les abonnés de Maroc Telecom, utilisateurs de Ubuntu, et connectés avec un modem Sagem Fast 800 ont eu beaucoup de mal à se connecter ces derniers jours. Et pour cause, notre cher opérateur national a changé, sans avertir, ses paramètres de connexion.

Il faut désormais choisir le PPOE comme méthode d’encapsulation, au lieu du PPOA.

Si vous utilisez cette interface pour configurer votre connexion, je vous propose de migrer vers un outil beaucoup plus convivial.

Sagem Fast 800
Il s’agit de UbuDSL qui dispose d’une interface très simple à utiliser et riche en fonctionnalités.

UbudslIl dispose également d’un applet, qui permet de voir à partir de la barre de tâche l’état de la connexion. Il est même plus riche que l’outil traditionnellement livré sous Windows.

Pour modifier les paramètres par défaut de Maroc Telecom, choisissez de personnaliser les paramètres, et sélectionnez le protocole PPOE au lieu du PPOA. Les VPI et VCI restent inchangés à 8 et 35.

UbuDSL Menara

PS : J’ai essayé de joindre les développeurs pour qu’ils effectuent ces modifications dans les paramètres par défaut, mais il semble que le projet a été temporairement suspendu. Dommage pour un logiciel d’une telle qualité.

Liste des radars fixes automatiques au Maroc

Edit : L’application du nouveau Code de la Route est effective depuis le 1er octobre 2010. Attention aux radars!

Plus que quelques jours avant le début de la nouvelle année, et l’entrée en vigueur de la verbalisation effective des excès de vitesse par les radars fixes automatiques au Maroc. On s’est effectivement habitué à la présence de ces radars dans nos villes, sans que personne ne soit vraiment inquiété. Tout le monde se disait que tant que la loi n’était pas votée au Parlement, ces radars seront inoffensifs. Désormais, un amendement à la loi de Finance 2009 permettra à l’État de collecter les amendes d’excès de vitesse de manière automatique, en attendant l’approbation définitive du nouveau Code de la Route, tant débattu depuis plusieurs années. Ces radars devraient inciter les automobilistes à réduire leur vitesse à l’intérieur du périmètre urbain, et sur les routes nationales, au risque d’ajouter une nouvelle rubrique dans les dépenses des ménages, aux cotés des traditionnelles rubriques “Logement”, “Alimentation” ou “Santé”.

Pour donner une idée sur les emplacements de ces radars, le site Radars Maroc a publié une liste non exhaustive de ces radars dans les villes de Rabat et Casablanca et sur quelques routes nationales. Cette liste ne vous empêchera pas de réduire votre vitesse, car il ne faudra pas oublier que les radars mobiles, sont partout!

MAJ : Le Conseil Constitutionnel vient d’invalider la décision d’inclure un article concernant les radars automatiques dans la Loi de Finances 2009. Le début effectif de la verbalisation ne commencera donc pas au 1er Janvier 2009. Mais ça ne sera que partie remise!