Manifestations du 20 mars au Maroc : quelles leçons? (+ Photos)

Après des manifestations à succès le 20 février, les marocains sont à nouveau sortis dans les rues ce 20 mars 2011. Les manifestations se sont globalement bien déroulées, malgré des craintes de répression policière sauvage après celle du 13 mars à Casablanca. Les forces publiques sont restées finalement quasi-invisibles se contentant de suivre la marche de loin.

Mais que pouvaient demander ces manifestants après le discours royal du 9 mars? Le roi n’a-t-il pas annoncé des réformes constitutionnelles, conformément aux demandes des manifestants du 20 février?

Le discours a certes été globalement positif, mais la manière de réformer ne correspondait pas à ce qu’attendent une bonne partie des marocains. Plutôt que d’appeler à l’élection d’une assemblée constituante (comme cela se fera en Tunisie et comme ça s’est fait en Islande), puis de soumettre le texte à un référendum, le roi a préféré nommer une commission chargée de réformer la constitution, puis de la soumettre au référendum. Cette méthode ne garantit absolument pas que les revendications du peuple marocains seront prises en compte, et connaissant la machine médiatique et sécuritaire du makhzen, il ne fait aucun doute que cette constitution sera adoptée à plus de 90%… En 55 ans d’histoire indépendante du Maroc, aucune constitution n’a été adoptée à un niveau inférieur…

Le reste des revendications du mouvement du 20 février porte sur l’indépendance de la justice (le roi préside toujours le conseil suprême de la magistrature), la séparation entre le pouvoir et les affaires (le mastodonte SNI garde toujours la main sur d’importants pans de l’économie marocaine), l’instauration d’une vraie culture contre l’impunité des dirigeants du secteur public, la libération de tous les détenus politiques, une plus grande liberté de presse et un service public médiatique plus ouvert à la diversité politique et sociale.

D’autres revendications à caractère social sont évoquées par le mouvement du 20 février (emploi, santé, éducation, logement, vie chère…). Mais à mon humble avis, le jour où on aura un gouvernement issu de la vraie volonté populaire, qui rend des comptes devant le peuple, et où sont représentés les meilleurs compétences que compte le pays, ces questions sociales seront naturellement adressées.

Quand on voit que les quelques manifestations du 20 février ont déclenché énormément de réactions en si peu de temps, cela nous incite à continuer la mobilisation pour maintenir le momentum.

Mais s’il y a une chose dont on peut déjà se réjouir, c’est le regain d’intérêt des marocains pour la politique. On peut déjà s’attendre à des taux de participation élevés lors des prochaines élections, loin des ridicules 20-30% des élections de 2007. Reste aux partis politiques de mieux répondre aux attentes des marocains, et à être plus proche des citoyens et de leur revendications. C’est leur rôle, et il semble qu’ils n’ont pas tous reçu le message.

Pour finir, ce qui m’a le plus frappé dans ces manifestations du 20 février et 20 mars, c’est que c’est la première fois pour des gens de ma génération (j’ai 26 ans) qu’on sort aussi massivement manifester pour notre pays. Nous qui n’avions l’habitude que de sortir pour les autres. Palestine pendant la 2ème intifada, Iraq lors de l’invasion américaine. Il était temps qu’on exprime notre mécontentement par rapport à ce qui se passe au Maroc.

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4 thoughts to “Manifestations du 20 mars au Maroc : quelles leçons? (+ Photos)”

  1. Bien dit Omar, les partis doivent jouer leur rôle. Cela dit, les partis comme les institutions sont la propriété du peuple. Aux jeunes aujourd’hui d’investir les partis et non de continuer dans l’attentisme d’une solution qu’on leur servirait sur un plateau.
    Et au pire si les partis existants ne font plus du tout l’affaire, alors il faut envisager la création et l’organisation de nouveaux partis.

  2. les manifestations pour le changement sont légitimes.
    Mais pourquoi tous les pays arabes manifestent en même temps ?
    Nos jeunes marocains… sont ils assez intelligents pour se rendre compte du mal qu’ils font à l’&conomie des pays arabes et surtout à l’économie marocaine?
    Ne vaut-il pas le coup de créer son propre évènement soi-même que d’essayer de profiter du succès des autres?!
    Donnons une image diplomatique aux spectateurs en Europe et dans le reste du monde.
    Planifier et atteindre l’objectif sans endommager l’économie de son pays!! C’est possible au Maroc.

  3. @ Abderrahi: jamais une revendication de democraties n’a été ou ne sera une menace pour l economie: bien au contraire c’est a terme une garantie pour les investisseurs; même s’il y a quelque ralentissement lors de la mise en place.

    sinon je suis d’accord avec youssef, mais un bemol sur ce qu’a dit omar: la rue n’est pas le lieu normal d’expression de l’opinion, on y a recours quand les institution mises en places atteignent leur limite; choses que ne saura jamais (si les limites on été atteintes) vu que les jeunes ne les ont que rarement empreinté.

    pour ce qui est de la constitution: heureusement qu’elle est adopté à une grande majorité!!!!
    on ne s’amuse pas a changé de constitution soucent, et c’est le contrat qu’on ne remet en cause que cas grave: ce qui ne sont pas d’accord avec ce contrat n’ont en principe d’autre choix que de changer de pays.
    quant à sa rédaction c’est un detail… c’est historiquement l’extreme gauche qui reclame une constituante… il reste à la definir(vote par parti-> on retient les proportion du parlement, vote par personnes -> ca change quoi si il sont nommés.

    Ce que j’aimerai voir dans le préambule de la constitution, c’est un rappel officiel des termes de la contractualisation de la bei3a: le peuple s’engage à l’obeissance et à suivre les termes de la constitution y compris la transmition filiale du pouvoir, et le roi en contre partie et le garant du respect de son aplication, et juge en dernier recours (car les revendication veulent que le gouvernement ne soit plus responsable devant le roi mais devant le parlement…)
    et qu’il s’engage à un objectif ambitieux (prioritaire par rapport aux autres) avec une obligation de moyen comme le faisait les rois et califs avant lui: il a l embaras du choix integrité téritoriale, banalisation des instances de decisions,developpement economique, identitéculturelle, developement social.
    tacitement cette bei3a permettera d’evaluer son reigne, et si le prerequis d’obeissance de ces sujet est acquis.

  4. Rente politique
    Rente économique
    Droit international de la concurrence
    Droit international de la consommation
    Organisation de commerce : OMC, ONU……..

    Au Maroc, le pouvoir, l’autorité publique et les fonctions d’Etat sont liés à l’économie de rente politique.
    On désigne l’économie de rente les privilèges et les agréments et les monopoles de passation des marchés publics (agréments de transport public de voyageurs…….)

    Il est impossible de trouver un moyen de défense crédible pour ces discriminations et ces contraventions au droit international de la concurrence.
    La déconstruction de l’économie de rente entraînera une Réaction féodale; l’entêtement des membres des partis politiques est sur.
    Il faudrait abolir ce système féodal. Des procés publiques de l’économie de rente doivent étre organisés au monde entier.
    Des conférences de droit de la concurrence doivent étre organisées.

    La fin définitive de l’économie de rente, des privilèges et des agréments et des monopoles de passation des marchés publiques rend la voie à l’émergence de la modernité.

    La structure de la société marocaine dans laquelle les quelques privilégiés jouissent de La féodalité est incompatible avec le droit international de la concurrence, et le droit de consommation.

    La transformation de la rente politique en féodalité de privilège héréditaire s’étend aux partis politiques.

    Dans la société marocaine, les hommes d’affaires, les immigrés, les juifs marocains pensent que cette féodalité est un système primitif et inefficace.

    Un nouvel ordre social basé sur la démocratie libérale et la libre concurrence doit avoir le jours.

    La société féodale marocaine était une concentration de pouvoir basé sur le monopole de l’information économique ( rente informationnelle).

    On visait clairement à la démolition du système féodal et des privilèges des grands (des hauts fonctionnaires, des proches d’anciens décideurs politiques).

    Un processus graduel de la désintégration du système féodal doit avoir le jours.

    Ce système féodal pourrait détruire la démocratie et l’économie de marché libéral.

    Les personnes occupant les différents niveaux de la société féodale marocaine ont chacun des avantages, les plus près du sommet du système féodal marocain avait plus d’avantages.
    Lorsque vous vous débarrassez de ces positions privilégiées, les abus les injustices se termineront.

    Les classes privilégiées (les partis politiques et les proches de la cour) ont obtenu la sauce, et le champ politique est injustement basculé en faveur des grands acteurs.

    Le manque à gagner du fisc est énorme. Les sommes de ces privilégiés ne sont pas soumises à l’impôt ni aux taxes ou aux charges. C’est la concurrence déloyale.

    C’est de l’argent BABA AAICHOUR offert par l’Etat marocain sur des critères et des bases discriminatoire.

    Une union des réseaux d’intérét des affairistes, des multinationales, des RME, des réseaux Facebook devra accélérer le processus de désintégration des privilèges féodaux.

    La blogosphère devra accentuer la pression dans les années à venir.

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