Scandale électoral à Oujda

YouTube Preview Image

Après 2 semaines de feuilletons électoraux cuits à toutes les sauces (politiques) pour élire les conseils des villes, un scandale électoral digne d’un film d’Emir Kusturica a lieu en ce moment même à Oujda.

Pour résumer l’histoire, le scrutin du 12 Juin a conduit 4 formations politiques au Conseil de la Ville : le PJD (21 sièges), le MP (14 sièges), l’Istiqlal (13 sièges) et le PAM (16 sièges). Un accord initial entre le PJD et le MP prévoyait une coalition pour gouverner la ville, et barrer la route au maire sortant, M. Haddouch (PAM), qui a le soutien de Omar Hjira (Istiqlal), frère de Taoufik Hjira, ministre de l’Habitat.

Le jour de l’élection du Conseil, le pacha d’Oujda, lève la séance illico-presto faute de quorum. Des conseillers arrivent légèrement en retard, mais il refuse de les comptabiliser. Les protestations fusent, et le PJD est accusé par ses opposants de “séquestrer” les élus du MP. Le Procureur du Roi se déplace au domicile d’un élu PJD, et constate lui même que les élus du MP sont libres de leurs mouvements, et qu’ils se sont réfugiés chez l’élu du PJD pour préserver leur intégrité physique, et d’éviter de subir des pressions de la part de l’Istiqlal et du PAM. On emmène tout le monde au poste pour prendre leurs déclarations, mais ils subissent également un interrogatoire des Renseignements Généraux.

Les RG leur posent un tas de questions, sur leur passé et sur leur activités politiques. D’après le témoignage de l’élue MP, Fadoua Manouni (vidéo ci-dessus), ils essaient par tous les moyens de l’intimider, et de la dissuader de voter PJD. Son interlocuteur évoque un “ordre royal” d’empêcher l’élection d’un maire PJD pour Oujda. Il accuse également les élus PJD d’appartenir à des cellules terroristes…. Fadoua Manouni persiste, et son interlocuteur la menace de révéler des “photos compromettantes” qu’il possèderait de l’élue si elle refuse de coopérer. N’ayant rien à se reprocher, elle s’entête, et refuse de se soumettre.

L’affaire a pris une très grande dimension. Les chefs des partis politiques impliqués se sont déplacés à Oujda, et le SG du PJD, M. Benkirane a demandé un arbitrage royal pour départager les partis. Une nouvelle séance de vote est prévue ce Vendredi 3 Juillet.

Pour résumer, le Makhzen utilise tous les moyens possibles et imaginables pour empêcher les islamistes de diriger Oujda, et utilise sa marionnette PAM pour arriver à ses fins. Les urnes ont donné le PJD largement gagnant, et la moindre des choses serait de respecter la logique démocratique, et de laisser faire les alliances entre partis, et surtout laisser les RG loins de tout ça. N’y a-t-il pas assez de voyous à surveiller dans les villes? 🙂

Je propose un nouveau slogan pour les campagnes de communication du Ministère de l’Intérieur lors des prochaines élections :

“Votez. On s’occupe de tout, vous s’occupez de rien.”

Edit : M. Omar Hjira a été élu maire d’Oujda grâce au soutien de son parti (Istiqlal), du PAM, et du MP. Les pressions du Makhzen sur le MP ont donc fini par payer… Pour la démocratie (la vraie), revenez plus tard…

9 thoughts to “Scandale électoral à Oujda”

  1. L’élection de Oualalou comme maire de Rabat n’est-elle pas un scandale aussi?

    Ou bien il y a scandale juste quand le PJD ou le PAM sont en cause?

  2. @hmida
    Il y a scandale à chaque fois que le Makhzen va à l’encontre de la volonté des urnes.
    L’USFP à Rabat ont constitué une coalition qui a voté pour Oualalou comme maire.
    Les RG n’ont convoqué personne, à ma connaissance, pour le dissuader de voter pour tel ou tel camp.
    Si vous faites allusion à l’éviction de Lahsen Daoudi, ceci est dû à des instructions de Abbas El Fassi (en tant que SG de l’Istiqlal) pour ne pas voter PJD. Et c’est la même coalition qui a choisi un autre candidat pour faire blocage face à Bahraoui.
    Et puis, ce n’est que justice rendue après la mascarade de 2003, et les conséquences fâcheuses sur la gestion de la ville pendant 6 ans.
    Ce qui se passe à Oujda est d’une nature totalement différente!

  3. @ omar

    Dans les deux cas, la volonté populaire à été bafouée…Jamais Oulalou n’aurait dû être le maire de Rabat, ni politiquement ni statistiquement.. C’est en ce sens que je rapproche les deux situations!

  4. @hmida
    Je comprends ce que vous voulez dire…
    Mais Oualalou reste quand même un bien meilleur candidat que d’autres, non?

  5. @ Hmida : je peux comprendre ton antipathie à oualalou, mais le comparer à ce qui se passe plus haut, c’est …!

  6. @hmida

    c’est grave ta manière de raisonner, et ça choque toute logique

    comparer l’intimidation et le chantage à des moyens légitimes pour arriver à ses fins cela relève de la <>.

    Ps: je déteste oulalou et benkirane

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *