Comparatif des tarifs d’eau et d’électricité au Maroc

Les récentes émeutes dans plusieurs villes marocaines, dont Marrakech et Taza, avaient pour revendications (entre autres), la baisse des factures d’eau et électricité, que les habitants jugent élevés. D’autres manifestations avaient eu lieu auparavant à Casablanca, Rabat et Tanger pour dénoncer des hausses inexpliquées de ces factures.

Le secteur de distribution d’eau et d’électricité relève de 3 types d’acteurs, selon les villes :

  • Les régies de distribution autonomes
  • Les régies concédées à des opérateurs privés. Elles ne concernent pour le moment que les villes (et environs) de Casablanca (Lydec), Rabat (Redal), Tanger et Tétouan (Amendis)
  • L’ONEP et l’ONE

Certaines villes sont desservies à la fois par l’ONE ou l’ONEP (distribution d’eau ou électricité) en même temps qu’une régie autonome.

Les tarifs des régies et ceux de l’ONEP ou l’ONE sont régis par décret ministériel de l’autorité de tutelle (Ministère de l’Intérieur). Ceux des régies concédées sont négociés selon le contrat de gestion délégué qui lie les villes aux opérateurs privés.

Qu’en est-il vraiment des tarifs? Existe-t-il des différences flagrantes entre les villes marocaines? En cherchant l’information, on se rend compte que la majorité des distributeurs sont relativement transparents sur les tarifs pratiqués. Il les affichent sur leurs sites web, avec un niveau de détail assez satisfaisant.

Les régies qui n’affichent pas les tarifs de leurs services sont celles de :

Celles qui affichent clairement leurs tarifs sont celles de :

Tarifs de l’eau :

Les distributeurs se fournissent généralement auprès de l’ONEP, qui leur facture un prix qui dépend de l’accessibilité des ressources en eau de la régie et le degré de facilité de son exploitation (barrages, sources, nappes phréatiques…). Ceci explique en partie l’écart enregistré entre les différentes villes de notre benchmark ci-dessous.

Les tranches (qui peuvent légèrement varier d’une ville à l’autre) sont définies comme suit :

  • Tranche 1 : 0 à 8 m3 par mois
  • Tranche 2 : 8 à 20 m3 par mois
  • Tranche 3 : Plus de 20 m3 par mois

On remarque clairement que le tarif le moins cher est appliqué au niveau de Larache, alors que les plus chers sont au niveau de Oujda, Casablanca et Safi.

Et si vous trouvez que les tarifs pour une tonne d’eau sont chers (1 m3 = 1000 litres = 1 tonne), demandez aux habitants de douars ou ceux qui se fournissent auprès des fontaines d’eau (seqqayas) le prix qu’ils paient pour acheter quelques litres d’eau, et vous serez très surpris.

Assainissement :

Les prix pour les services d’assainissement sont payés par les consommateurs comme redevance aux distributeurs pour procéder à l’assainissement des eaux usées consommées.

Les tranches appliquées sont les mêmes que pour la consommation de l’eau :

Le benchmark fait ressortir que les tarifs les plus chers d’assainissement sont au niveau de Casablanca, Mohammedia et Marrakech.

Electricité :

Là aussi, les distributeurs se fournissent auprès de l’ONE. Les tranches de consommation sont de l’ordre :

  • Tranche 1 : 0 à 100 KWh
  • Tranche 2 : 101 à 200 KWh
  • Tranche 3 : 201 à 500 KWh
  • Tranche 4 : Plus de 501 KWh

Les tarifs sont relativement uniformes dans les villes marocaines. Tanger se distingue cependant par des tarifs relativement supérieurs au reste des villes marocaines.

Simulation :

Afin de pouvoir comparer différents profils de consommateurs, on peut établir trois groupes de consommateurs types :

  • Petit consommateur : Reste systématiquement dans la 1ère tranche des 3 produits
  • Consommateur moyen : Reste systématiquement dans la 2ème tranche des 3 produits
  • Gros consommateur : Se situe à la 3ème tranche des 3 produits
Le tableau suivant détaille les chiffres de la simulation :

Pour les petits consommateurs, Casablanca et Tanger sont les villes où l’ont paye la facture la plus élevée. Pour les gros et moyens consommateurs, Casablanca est la ville la plus chère.

Larache quant à elle, est la ville où les factures sont les moins élevées de notre benchmark.

A ces tarifs, il faut rajouter 14% de TVA pour l’électricité, et 7% de TVA sur l’eau et assainissement. D’autres frais viennent s’ajouter à la facturation de la consommation : la taxe audiovisuelle (que l’actuel gouvernement compte supprimer pour les petits et moyens consommateurs), des redevances fixes de consommation (de l’ordre de 6 à 7 DH pour l’eau), des frais de location du compteur (si, si…), des frais d’entretien…

Ce sont ces éléments, qui ne sont pas systématiquement communiqués aux consommateurs (sauf dans les factures), qui donnent l’impression de payer cher sa facture d’eau et d’électricité.

Les habitants de Taza et Marrakech ont-ils raison de manifester contre les factures d’eau et d’électricité? Le benchmark actuel ne permet pas de le penser (pour Marrakech en tout cas, faute de données sur Taza).

Une des raisons qui peuvent expliquer ces factures élevées et le fait qu’une pratique est assez répandue dans les quartiers populaires : Plusieurs familles/foyers sont connectées au même compteurs d’eau et d’électricité. La consommation commune passe très souvent à la 3ème tranche (voire la 4ème pour l’électricité), beaucoup plus chère que les 2 premières, et font donc exploser la facture commune (à diviser entre les familles/foyers). Avoir des compteurs séparés (même si cela n’est pas toujours possible…), permettrait de maintenir sa consommation au niveau de la 1ère ou de la 2ème tranche, aux prix nettement plus abordables.

Autre élément important à prendre en compte : le pouvoir d’achat de ces villes n’est pas le même que celui de Casablanca ou de Rabat par exemple. Elles représentent une part non négligeable du budget des ménages à revenus réduits ou moyens.

Pourquoi ne pas prendre exemple de certaines expériences internationales? Celle de Bogotá (Colombie) par exemple est très intéressante. La ville est divisée en plusieurs secteurs (pauvres, moyens et riches). Les habitants des quartiers pauvres payent un tarif beaucoup moins élevé que ceux des quartiers riches. Ces mêmes riches payent un tarif plus élevé que la moyenne, pour permettre de subventionner les rabais accordés aux quartiers pauvres. Une sorte de caisse de compensation équilibrée au niveau de la ville.

En attendant, les émeutes des villes sont gérées d’une manière quasi-exclusivement sécuritaires, en excluant tout recours, pour le moment, à des solutions plus intelligentes et plus innovantes, notamment au niveau de la tarification.

Comparatif des tarifs GSM au Maroc : Inwi, Méditel et Maroc Telecom – Novembre 2010

Après avoir passé quelques mois à observer le comportement du nouvel entrant sur le marché GSM, IAM et Méditel sont passés à l’offensive en réduisant significativement leurs tarifs, et rendant leur lecture beaucoup plus simple. Ils répondent ainsi à une forte attente des consommateurs qui cherche à communiquer moins cher, tout en ayant de la visibilité sur ce qu’ils paye vraiment.

Cette offensive d’IAM et de Méditel s’explique également par l’effritement de leurs parts de marché au profit d’Inwi. Selon les derniers chiffres de l’ANRT, Inwi est passé à plus de 10% de parts de marché, en moins d’un an d’existence! Mais à y regarder de plus près, l’explication est ailleurs. Avec un taux de pénétration qui avoisine les 97%, il ne faut surtout pas croire que 97% des habitants sont équipés d’un téléphone portable. Le dénominateur du ratio étant le nombre d’habitants au Maroc, le chiffre inclut donc des bébés, des enfants, des personnes vivant dans des zones non couvertes… Cela peut s’expliquer uniquement par un taux multi-équipement de plus en plus élevé. Les opérateurs sont parfaitement conscients que beaucoup de consommateurs utilisent plusieurs cartes SIM à la fois, afin de bénéficier des tarifs les plus avantageux, en fonction de l’opérateur de la personne appelée. Et c’est justement une des raisons qui a sans doute poussé IAM et Méditel à unifier leurs tarifs, quelque soit l’opérateur, en espérant regagner des parts de marché dans les mois à venir.

IAM et Méditel se sont donc alignés sur Inwi en offrant un tarif unique vers tous les opérateurs à toute heure de la journée. Ce tarif est actuellement de 3,6 DH / minute pour les deux opérateurs. Par contre, ils continuent à facturer suivant une première minute indivisible, puis des paliers de 20 secondes pour IAM et de 30 secondes pour Méditel.

Résultat, il devient encore plus difficile de comparer les prix, tant les prix sont proches. Le graphe et le tableau suivant peuvent en témoigner  :

Corriger les prix des communications par l’effet des doubles recharges n’est pas vraiment utile pour cette fois. Inwi s’y est mis aussi, et il suffit de diviser les prix par deux pour obtenir le prix réel des communications. De plus, les opérateurs misent sur des offres ponctuelles, mais de moins en moins compréhensibles par les consommateurs (double recharge avec bonus, minutes de bonus le soir…), ce qui rend la comparaison en incluant cet effet encore plus difficile.

Quel est donc l’opérateur le moins cher en prépayé? Tout dépend de votre profil de consommateur. Si vous n’appeler que pour des durées généralement courtes (moins d’une minute), Inwi devrait vous convenir parfaitement, à condition que vous soyez satisfaits de la qualité du réseau. Mais si vous appelez pour des durées plus longues, optez plutôt pour IAM ou Méditel, avec un avantage pour ce dernier qui propose des formules assez innovantes pour les personnes qui préfèrent appeler en journée, en soirée, ou pendant des durées assez longues.

Aura-t-on droit à de nouvelles baisses dans un futur proche? Il semble bien que non. Bien que les tarifs d’interconnexion entre opérateurs devraient baisser petit à petit d’ici 2013, une nouvelle baisse n’est pas acquise. Mais seul l’avenir nous dira comment les opérateurs réagiraient si la baisse des parts de marché de IAM et de Méditel se confirme.

Message de service aux employés d’Inwi : Merci de plus poster de commentaires en vous faisant passer pour de simples consommateurs.

Petite image en bonus d’une antenne GSM sous forme d’un palmier à Marrakech!


Comparatif des forfaits et abonnements GSM de Maroc Telecom, Méditel et Inwi

Les 3 opérateurs marocains de téléphonie mobile ont récemment remodelé leurs offres de forfaits et abonnements post-payés, ce qui semble être une conséquence directe de la baisse des tarifs d’interconnexion décidée par l’ANRT.

Incluant plus de gratuités qu’auparavant, ces offres visent à convertir un maximum d’abonnés prépayé vers du postpayé. L’objectif final est de maximiser l’ARPU (Average revenue per user, ou revenu moyen par utilisateur) des opérateurs, qui est aujourd’hui de l’ordre de 91 Dh pour Maroc Telecom et 43 Dh pour Méditel (celui d’Inwi n’est pas encore connu).

Ci-dessous un tableau comparatif de 3 offres représentatives de l’entrée de gamme, moyen de gamme, et du haut de gamme des forfaits post-payés de Maroc Telecom, Méditel et Inwi.

Une première analyse du tableau fait ressortir une grande similitude entres les offres. Les trois opérateurs ont plus ou moins aligné leurs offres, et il n’existe plus de grandes disparités sur le marché.

Mais il semble tout de même que Méditel sort gagnant de ce comparatif. Malgré des prix un petit peu plus élevés que ses deux concurrents (pas plus de 20 Dh à chaque fois), il propose pour tous ses forfaits une durée équivalente après épuisement, utilisable  les soirs, weekend et jours feriés vers tous les opérateurs nationaux et vers les fixes de France, d’Espagne, d’Italie, de Belgique, de Royaume Uni, d’Allemagne, des Etats Unis et du Canada.

L’offre de Maroc Telecom est assez proche, mais impose quelques limitations. Les minutes offertes après épuisement du forfait ne sont pas aussi généreuses que celles de Méditel, la durée de communication vers le numéro illimité est en fait limitée à 30h par mois, et le débit est baissé à 128 Kb/s une fois le seuil de 4 Go de téléchargements est dépassé.

Quant à Inwi, l’offre peut sembler à priori très intéressante, si ce n’est le nombre assez faible des abonnés Inwi. L’opérateur semble beaucoup miser sur l’effet réseau en offrant des communications illimitées vers les numéros Inwi, mais sera pour le moment limité par sa faible pénétration du marché (10% selon les derniers chiffres de l’ANRT – Septembre 2010). L’opérateur souffre également de sa couverture réseau plus faible que celle de ses concurrents, mais qui sera amenée à s’améliorer durant les prochains mois. Cependant, on peut facilement imaginer des familles entières s’équiper en cartes SIM Inwi, et bénéficier de communications gratuites entre tous ses membres.

L’autre bonne nouvelle de ces offres, c’est que tous les opérateurs offrent une connexion Internet à leurs abonnés post-payés. Ce qui ne pourra que favoriser la pénétration d’Internet mobile sur le marché, et développer de nouveaux usages du téléphone mobile. En attendant l’apparition d’applications mobiles spécifiques au marché marocain…

Le défi des opérateurs d’augmenter leur ARPU tout en offrant plus de temps de communication à leurs abonnés semble bien parti. Espérons qu’ils continueront à innover en incluant de nouveaux services dans leurs offres à des prix encore plus compétitifs!

Plus de détails sur les offres post-payés :

Primo.ma : Nouvelle librairie online au Maroc

Après Livremoi.ma (évoqué dans un précédent billet), un nouveau libraire online est lancé au Maroc : Primo.ma. Certes le concept, n’a rien de nouveau, mais le service présente quelques intérêts par rapport à son concurrent direct.

Tout comme Livremoi.ma, Primo.ma est un “pure player”, une enseigne qui repose sur Internet comme unique canal de distribution. Le site affiche clairement des avantages comme la livraison gratuite à domicile (contre 30 DH pour Livremoi.ma), et des délais de livraison raisonnables. Les créateurs du site promettent de livrer après 48h de la date de commande pour 95% des livres en vente, car contrairement à leur concurrent direct, Primo.ma dispose d’un stock au Maroc. Autre agréable surprise, le prix de quelques livres. Certains best-sellers coûtent moins cher qu’en Europe! Un petit exemple avec le fameux “Finance d’Entreprise” de Pierre Vernimmen (Primo.ma, Livremoi.ma, Amazon.fr).

Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous les livres. Le Guide du Routard Maroc 2010 est par exemple vendu plus cher que les concurrents (Primo.ma, Livremoi.ma, Amazon.fr).

Cependant, la plus grosse différence entre les deux sites reste la richesse de la base de données des livres. Primo.ma ne compte à ce jour pas plus de 350 livres, contre des milliers pour Livremoi.ma (qui repose sur la plateforme Aligastore). La raison en est simple : Il est impossible pour un distributeur d’avoir un stock conséquent de livres au Maroc, lui permettant de livrer ses clients dans des délais très courts. Choix à l’opposé de Livremoi.ma qui préfère avoir un catalogue plus pléthorique, mais à condition de prendre son mal en patience, et d’attendre la livraison d’Europe.

Autre point négatif, Primo.ma ne propose pas le paiement par carte bancaire sur Internet (contrairement à Livremoi.ma), et le paiement se fait généralement auprès du facteur qui vous livre le colis. Cependant, un système de paiement prépayé (via la carte Jaybi), devrait être prochainement proposé.

Derniers reproches pour les créateurs de Primo.ma : Le lecteur marocain serait ravi de trouver autre chose que des livres en français (le marocain est polyglotte par définition :-)), mais aussi des livres marocains parfois difficilement trouvables en librairie.

Comparatif des tarifs bancaires au Maroc

Banques Maroc

 


Article gagnant du Maroc Blog Awards 2010, dans la catégorie “Meilleur article de blog de l’année”.

Avec un taux de bancarisation de 40%, le Maroc est classé parmi les premiers pays arabes et africains. Malgré des tarifs souvent jugés élevés, et parfois injustifiés, de plus en plus de marocains ouvrent un compte bancaire pour pouvoir bénéficier de la multitude de services qui y sont associés.

Depuis 2006, un accord entre le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) et Bank Al Maghrib prévoit la gratuité pour certaines opérations basiques comme l’ouverture et la clôture des comptes, délivrance de chéquiers, envoi de relevé de compte mensuel, versement d’espèces…

Une autre obligation concerne la transparence des prix pratiqués. Les agences bancaires sont tenues d’afficher leurs tarifs bancaires dans les agences. Lors de ma tournée dans des agences bancaires de Rabat, elles affichaient toutes clairement ces tarifs, mis à part une agence du CIH, qui affichait des tarifs obsolètes depuis quelques mois… Par contre, la quasi-totalité des banques n’affichent pas le détail des tarifs bancaires sur leurs sites Internet, exception faite de la BMCI et de la SGMB, même s’ils sont difficiles à trouver pour cette dernière. Une mention spéciale tout de même pour le Crédit Agricole qui n’a pas de site web!

Comparer les tarifs bancaires n’est pas du tout aisé. Certaines banques facturent des opérations par unité, d’autres proposent également à leurs clients des packages bancaires incluant les opérations les plus courantes. Par choix de simplicité, j’ai choisi d’ignorer ces packages, et ne traiter que les tarifs des opérations à l’unité.

Pour réaliser un comparatif entre les banques marocaines, j’ai essayé d’établir un profil type de client réalisant un certain nombre d’opérations payantes par an :

  • Frais de tenue de compte.
  • Carte Visa Classic.
  • Un virement classique hors place tous les 3 mois.
  • Un encaissement de chèques tous les 2 mois.
  • 2 retraits GAB dans une banque tierce par mois.
  • Une opposition sur chèque par an.

Faute d’informations suffisantes, je n’ai pas pu inclure les tarifs d’accès aux services web et les frais applicables aux prélèvements bancaires.

Voici donc un aperçu des tarifs pratiqués par les 7 banques comparées : la Banque Populaire (BP), Attijariwafa Bank (AWB), la Société Générale Marocaine des Banques (SGMB), le Crédit du Maroc (CdM), la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie (BMCI), et le Crédit Agricole du Maroc (CAM).  Tous ces tarifs sont Hors Taxes.

Tableau Tarifs Bancaires Maroc

Graphe Tarifs Bancaires

On relève donc que la Banque Populaire (BP) est la banque la moins chère, tandis que la BMCI est la plus chère selon ce comparatif.

Ces disparités s’expliquent surtout par des raisons de stratégie commerciale. La BP ou le Crédit Agricole du Maroc (CAM), se sont traditionnellement orientées vers une clientèle populaire souhaitant avoir accès à des services basiques facturés à des prix abordables. D’autres continuent à pratiquer des prix plus élevés afin de sélectionner des clients plus aisés et ayant des dépôts plus importants.

Il est à noter que d’autres établissement bancaires comme la Banque Postale ou la Trésorerie Générale du Royaume appliquent des prix encore plus bas, mais ne proposent que des services bancaires réduits au minimum. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas été inclus dans ce comparatif. Il n’est par exemple pas possible d’obtenir de carte bancaire chez ces 2 établissements.

Pour conclure, il apparait clairement que les tarifs restent tout de même élevés pour un pays comme le Maroc qui vise à bancariser 60% de sa population en 2013. Beaucoup de banques dans le monde appliquent aujourd’hui des tarifs bancaires très bas, ne facturent plus de frais de tenue de compte, et appliquent uniquement des frais annuels aux détenteurs de cartes bancaires. Le but de ces banques est de surtout attirer les dépôts (en domiciliant les salaires par exemple), et de les utiliser pour des activités plus rémunératrices comme l’octroi des crédits ou l’investissement sur les marchés financiers. Au vu de leurs résultats financiers annuels exceptionnels, nos banques pourraient faire un effort, non?

Livremoi.ma : Un futur Amazon marocain?

Livremoi.ma

J’ai pu découvrir aujourd’hui, un site qui offre un service devenu banal dans beaucoup de pays, mais qui manquait cruellement au Maroc. Il s’agit de Livremoi.ma, site de vente de livres par Internet. Le site affiche une bannière “En construction”, mais contient déjà un catalogue très riche. Les livres sont essentiellement en langue française, mais je suis toujours à la recherche d’un livre dans une langue différente! Très vite, j’ai eu envie de comparer les services de Livremoi.ma avec ceux de Amazon, auquel je suis habitué en France.

Tout d’abord, les prix. Ceux affichés par Livremoi.ma sont de 10 à 30% supérieurs à ceux d’Amazon. En France, une loi impose (comme pour les médicaments) un prix fixe aux livres, et ne laisse que 5% comme marge de manœuvre aux distributeurs. La plupart utilisent ces  5% comme moyen d’attirer et fidéliser les clients. Mais pourquoi des prix aussi élevés chez Livremoi.ma? A ma connaissance, les livres sont exonérés de droits de douane au Maroc. Il y a sûrement des coûts logistiques, mais je serais étonné d’apprendre qu’ils soient aussi élevés. Le seul argument qui me paraît défendable, serait celui des économies d’échelle. Amazon applique surtout une stratégie de quantité plutôt que de prix. Les marges sont faibles, mais largement compensées par la quantité phénoménale de livres vendus. Ce n’est pas du tout le cas au Maroc. Le marocain moyen lit très peu, et on ne peut donc compter sur des ventes importantes pour s’assurer une viabilité économique. Mais adapter le prix des livres au pouvoir d’achat des marocains, pourrait peut-être attirer plus de clients lecteurs.

Autre point essentiel, le paiement. Le site est un des premiers au Maroc à offrir la possibilité de payer par carte bancaire. Il utilise la plateforme de Maroc Télécommerce et du CMI. Le client peut également payer par chèque ou virement. Sur ce point, rien à dire, le site est à la pointe de ce qui se fait ailleurs dans le Monde.

Un autre volet, est celui de la livraison. Les clients d’Amazon apprécient particulièrement la possibilité de livraison gratuite à domicile dans un délai de 2 à 7 jours. C’est ce qui a d’ailleurs fait son succès en France. Chez Livremoi.ma les délais sont plus longs (1 à 4 semaines), et la livraison est facturée à 30 Dh. Les livres peuvent cependant être retirés, sans frais supplémentaires, du siège social de la société à Casablanca.

Dernières remarques sur le site lui même. Le design est très (trop?) basique, et les fonctionnalités limitées au strict minimum. Le site est basé sur Zen Cart, un CMS pour sites de e-commerce. Le rendre plus attractif, et plus convivial ne pourrait qu’attirer plus de clients.

En conclusion, je m’interroge sur la vraie valeur ajoutée du projet. Qu’est ce qui pousserait un lecteur lambda à acheter chez Livremoi.ma plutôt que chez son libraire habituel? Les prix ne sont pas particulièrement attractifs. De plus, il faudrait payer des frais de livraison, et attendre quelques semaines pour recevoir son livre. Deux raisons me paraissent envisageables : le catalogue semble important, et on pourrait y trouver des livres qu’on ne trouve pas dans les librairies au Maroc. Ensuite, un client qui habite loin des grandes agglomérations serait très intéressé par ce service. Il n’aura plus à se déplacer pour acheter les livres qu’il cherche, et sera livré chez lui.

Livremoi.ma a-t-il de l’avenir dans un pays où on lit peu? J’espère sincèrement que oui.

PS : Aux gestionnaires du site. Pensez à ajouter les livres de cuisine de Choumicha. Ca ne peut faire que du bien à votre chiffre d’affaires 🙂

Maroc Telecom lance son offre Triple Play : La MT Box

MT Box

 

Plus d’informations sur la MT Box sur ce nouvel article : http://www.elhyani.net/mt-box-ou-larnaque-par-maroc-telecom/

Maroc Telecom a annoncé le lancement d’une offre Triple Play (Internet, Téléphonie IP, Télévision) via un boitier appelé MT Box. En gestation depuis plusieurs années dans les laboratoires de l’opérateur, ce projet a été reporté à plusieurs reprises, et attendait l’autorisation de l’ANRT. Mais plusieurs observateurs soulignent la réticence de Maroc Telecom à lancer ce projet, face au manque de dynamisme et à la concurrence quasi-inexistante sur le segment de l’ADSL.

Jetons un coup d’œil aux détails de l’offre :

MT BOX MT BOX PLUS MT BOX SILVER MT BOX GOLD
Téléphonie FixeInternet ADSL 128 Kb/sBouquet TV Accès

Téléphonie Fixe

Internet ADSL 512 Kb/s

Bouquet TV Accès

Téléphonie Fixe

Internet ADSL 1 Mo

Bouquet TV Accès

Téléphonie Fixe

Internet ADSL 2 Mo

Bouquet TV Accès

299 DH TTC
349 DH TTC
389 DH TTC
479 DH TTC

Options :

  • Option TV Prestige : 99 DH TTC
  • Option TV Evasion : 169 DH TTC
  • Option CANAL+ : 99 DH

A première vue, l’offre a l’air intéressante, sauf quand on s’intéresse au débit! Offrir à des abonnés un débit de 128 Kbps (à peine supérieur à celui du RTC!) en 2009 relève de l’offense! Alors qu’on ne parle que de méga dans les pays voisins, Maroc Telecom se permet encore de vendre du 128 Kbps à un prix incroyablement élevé pour le niveau de vie des marocains.

Filiale à 53% de Vivendi, Maroc Telecom devrait voir de plus près les offres de SFR, l’autre filiale française de sa maison mère. Personnellement, je n’aime pas comparer, comme beaucoup le font, deux pays qui sont loin d’êtres au même niveau de développement économique. Mais intéressons nous tout de même aux offres des deux filiales de Vivendi. Comme pour les offres de Free (et sa fameuse Freebox), la Neuf Box de SFR propose des débits allant jusqu’à 20 Mbps (en fonction de l’éloignement du domicile du répartiteur ADSL local), 110 chaînes TV incluses au bouquet basique et le téléphone fixe illimité vers 90 pays dans le monde. Le tout pour 30€ par mois (330 DH). Pour pouvoir comparer cette offre avec celle de Maroc Telecom, il faudra prendre celle qui offre le débit le plus élevé (2Mbps), et ajouter l’option Evasion qui offre le nombre maximal de chaînes TV. On sera alors à 648 Dhs!

Si on compare donc le niveau des services offerts, avec le prix et le pouvoir d’achat des deux pays, on se dit clairement qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Chez nos voisins algériens, Assila Box (exagérément appelée Five Play!) offre un débit unique de 512 Mbps, un bouquet de 18 chaînes, et la téléphonie illimitée entre abonnés d’Assila Box pour 2500 Dinars algériens (environ 280 Dhs). L’offre n’est pas tout à fait comparable, mais elle nous donne un ordre de grandeur sur ce qui se fait chez nos voisins. Là encore, les 128 Kbps de Maroc Telecom deviennent ridicules.

Mais ne nous voilons pas la face. La vache à lait de Vivendi, profite de sa position dominante comme opérateur historique sur le marché pour donner le tempo, et imposer ses tarifs. Mais il n’est pas le seul responsable. L’ANRT est devenu complice (volontairement ou involontairement?) de cette situation. Les tarifs de dégroupage (total ou partiel) qui permettrait à un concurrent d’utiliser l’infrastructure de l’opérateur historique sont exorbitants et dissuasifs. Ni Méditel, ni Wana n’ont choisi d’aller sur le segment ADSL, et ont préféré recourir aux technologies d’Internet mobile 3G, avec les débits et la qualité médiocres que l’ont connaît. Seule une règlementation plus stricte, et plus contraignante pour l’opérateur historique permettra une émergence d’une offre Internet digne de ce nom au Maroc, à l’image de la success story de la téléphonie mobile.

Site MT Box : www.mtbox.ma

Plus d’informations sur la MT Box sur ce nouvel article : http://www.elhyani.net/mt-box-ou-larnaque-par-maroc-telecom/

Liste des pays sans visas pour les marocains

Apposer un visa sur un passeport marocain n’est heureusement pas une fatalité pour voyager hors des frontières marocaines. Il existe en effet soixantaine de pays qui ne requièrent pas de visa d’entrée, ou qui accordent des visas à l’arrivée au pays. Ces pays sont :

Afrique

Pays et territoires Conditions d’accès
Drapeau d'Algérie Algérie  3 mois [1]
Drapeau du Burundi Burundi Visa délivré à l’arrivée (30 jours à Bujumbura) [1]
Drapeau du Cap-Vert Cap-Vert Visa délivré à l’arrivée pour 25 Euros [1]
Drapeau des Comores Comores Visa délivré à l’arrivée pour 30 Euros [1]
Drapeau du Congo République du Congo (Brazzaville)  Visa obtenu à l’arrivée [1]
Drapeau de Côte d'Ivoire Côte d’Ivoire  3 mois [1]
Drapeau de Djibouti Djibouti Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 75€ (1 mois) [1]
Drapeau d'Egpyte Égypte Exemption uniquement pour les groupes d’au moins 10 personnes voyageant avec une agence de voyage [1]
Drapeau du Gabon Gabon 1 mois [1]
Drapeau de Gambie Gambie 3 mois [1]
Drapeau de Guinée Guinée  3 mois [1]
Drapeau de Guinée Bissau Guinée Bissau Visa de 3 mois obtenu à l’arrivée pour 85€[1]
Drapeau du Kenya Kenya Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 50 USD (3 mois) [1]
Drapeau de Madagascar Madagascar Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 140 000 MGA (3 mois) [1]
Drapeau du Mali Mali  3 mois [1]
Drapeau de MauriceIles Maurice Visa de 2 mois obtenu à l’arrivée [1]
Drapeau du Mozambique Mozambique Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 66 USD (1 mois) [1]
Drapeau du Niger Niger  3 mois [1]
Drapeau du Nigeria Nigeria 3 mois [1]
Drapeau du Rwanda Rwanda Visa de 1 mois obtenu à l’arrivée (30 USD) [1]
Drapeau de Sao Tomé-et-Principe Sao Tomé-et-Principe Visa à demander en ligne [1]
Drapeau du Sénégal Sénégal  3 mois [1]
Drapeau des Seychelles Seychelles Visa délivré à l’arrivée (1 mois) [1]
Drapeau du Togo Togo Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 60 000 CFA (7 jours) [1]
Drapeau de Tunisie Tunisie  Oui [1]
Drapeau d'Ouganda Ouganda Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 50 USD (1 mois) [1]

 

Amériques

Pays et territoires Conditions d’accès
Drapeau de Bolivie Bolivie Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 52 USD [1]
Drapeau : Brésil Brésil  3 mois [1]
Drapeau de Dominique Dominique  3 semaines [1]
Drapeau d'Équateur Équateur  3 mois [1]
Drapeau de Grenade Grenade Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 40 USD [1]
Drapeau : Guyana Guyana Visa délivré à l’arrivée (1 mois) [1]
Drapeau d'Haïti Haïti  3 mois [1]
Drapeau du Nicaragua Nicaragua Visa délivré à l’arrivée (3 mois, 20 USD) [1]
Drapeau Saint-Vincent-et-les-Grenadines  1 mois [1]

Asie

Pays et territoires Conditions d’accès
Drapeau du Cambodge Cambodge Visa délivré à l’arrivée (pour 1 mois) [1]
Drapeau de Corée du Sud Corée du Sud  3 mois [1]
Drapeau de Géorgie Géorgie Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 50 GEL (3 mois) [1]
Drapeau de Hong Kong Hong Kong  1 mois [1]
Drapeau d'Indonésie Indonésie  1 mois [1]
Drapeau d'Iran Iran Visa délivré à l’arrivée (15 jours) [1]
Drapeau de Jordanie Jordanie Visa délivré à l’arrivée. Conditions spéciales pour les femmes entre 17 et 35 ans [1]
Drapeau du Laos Laos Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 30 USD (1 mois) [1]
Drapeau de Macao Macao Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 100 MOP (1 mois) [1]
Drapeau de Malaisie Malaisie  3 mois [1]
Drapeau des Maldives Maldives Visa délivré à l’arrivée (1 mois) [1]
Drapeau du Népal Népal Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 25 à 100 USD (1 mois) [1]
Drapeau des Philippines Philippines  1 mois [1]
Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka Visa délivré à l’arrivée (1 mois), après inscription en ligne [1]
Drapeau de Syrie Syrie  . Excepté pour femmes de 18 à 35 ans. Conditions spéciales. [1]
Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan Visa délivré à l’arrivée (45 jours) [1]
Drapeau du Timor oriental Timor oriental Visa délivré à l’arrivée pour la somme de 30 USD (1 mois) [1]
Drapeau de Turquie Turquie  3 mois [1]

Océanie

Pays et territoires Conditions d’accès
Drapeau des Îles Cook Îles Cook  1 mois [1]
Drapeau des États fédérés de Micronésie Micronésie  1 mois [1]
Drapeau de Niue Niue  1 mois [1]
Drapeau des Palaos Palaos Visa délivré à l’arrivée (1 mois) [1]
Drapeau des Samoa Samoa Visa délivré à l’arrivée (2 mois) [1]
Drapeau de Tuvalu Tuvalu Visa délivré à l’arrivée (1 mois) [1]
Drapeau de Vanuatu Vanuatu  1 mois [1]

Si vous avez un visa Schengen valide, avec entrées multiples, vous pouvez vous rendre en plus à ces pays situés hors zone Schengen :

Pays et territoires Conditions d’accès
Drapeau d'Albanie Albanie [1]
Drapeau d'Antigua & Barbuda Antigua & Barbuda [1]
Drapeau d'Aruba Aruba [1]
Drapeau de Bosine Bosnie Herzégovine [1]
Drapeau de Bulgarie Bulgarie [1]
Drapeau du Costa Rica Costa Rica [1]
Drapeau de Croatie Croatie [1]
Drapeau de Chypre Chypre [1]
Drapeau de République dominicaine République dominicaine [1]
Drapeau du KosovoKosovo
Drapeau du Salvador Salvador [1]
Drapeau de MacédoineMacédoine [1]
Drapeau de GibraltarGibraltar [1]
Drapeau du Guatemala Guatemala [1]
Drapeau du Honduras Honduras [1]
Drapeau du MontenegroMontenegro [1]
Drapeau du MontserratMontserrat [1]
Drapeau du Nicaragua Nicaragua [1]
Drapeau du Panamá Panama [1]
Drapeau de Roumanie Roumanie [1]
Drapeau de Sint Maarten Sint Maarten [1]
Vous pouvez utiliser l’outil mis à disposition par KLM pour vérifier si votre destination impose des conditions particulières (passeport ou visa).
L’auteur ne prend aucune responsabilité quant à l’exactitude de ces informations. Contactez la mission diplomatique de votre pays de destination avant de vous y rendre.
Dernière mise à jour : Juillet 2015

Liste des radars fixes automatiques au Maroc

Edit : L’application du nouveau Code de la Route est effective depuis le 1er octobre 2010. Attention aux radars!

Plus que quelques jours avant le début de la nouvelle année, et l’entrée en vigueur de la verbalisation effective des excès de vitesse par les radars fixes automatiques au Maroc. On s’est effectivement habitué à la présence de ces radars dans nos villes, sans que personne ne soit vraiment inquiété. Tout le monde se disait que tant que la loi n’était pas votée au Parlement, ces radars seront inoffensifs. Désormais, un amendement à la loi de Finance 2009 permettra à l’État de collecter les amendes d’excès de vitesse de manière automatique, en attendant l’approbation définitive du nouveau Code de la Route, tant débattu depuis plusieurs années. Ces radars devraient inciter les automobilistes à réduire leur vitesse à l’intérieur du périmètre urbain, et sur les routes nationales, au risque d’ajouter une nouvelle rubrique dans les dépenses des ménages, aux cotés des traditionnelles rubriques “Logement”, “Alimentation” ou “Santé”.

Pour donner une idée sur les emplacements de ces radars, le site Radars Maroc a publié une liste non exhaustive de ces radars dans les villes de Rabat et Casablanca et sur quelques routes nationales. Cette liste ne vous empêchera pas de réduire votre vitesse, car il ne faudra pas oublier que les radars mobiles, sont partout!

MAJ : Le Conseil Constitutionnel vient d’invalider la décision d’inclure un article concernant les radars automatiques dans la Loi de Finances 2009. Le début effectif de la verbalisation ne commencera donc pas au 1er Janvier 2009. Mais ça ne sera que partie remise!