Ich bin ein 9%!

Telquel Couverture

Élégante manière de célébrer une décennie de règne de Mohammed VI. Le ministère de l’intérieur a ordonné la saisie des derniers numéros des magazines Telquel et Nichane. La raison invoquée : un sondage réalisé par LMS-CSA réalisé pour Telquel, Nichane et Le Monde a révélé que 91% des marocains jugent satisfaisant ou très satisfaisant le bilan de 10 ans de règne de Mohammed VI. Le Monde devrait d’ailleurs publier ce sondage dans son édition datée du Mardi 4 Aout 2009.

Le makhzen semble offusqué par l’idée de voir l’action du roi jugée par les citoyens. Et c’est le professeur de Droit Constitutionnel, militant communiste du PPS, et actuel ministre de la Communication qui le confirme : “La monarchie au Maroc n’est pas en équation et ne peut faire l’objet d’un débat même par voie de sondage”. Le plus étrange dans l’histoire, et comme le souligne si bien Larbi, c’est que le Matin du Sahara, n’hésitait pas il y a quelques mois à inciter ses lecteurs à voter pour le roi du Maroc dans un sondage organisé par un magazine arabe. Hoba Hoba Spirit ne croyaient pas si bien dire en traitant le Maroc de Blade Schizo…

Dès que le nouvelle était tombée hier après midi, la Blogoma, et surtout la Twitoma ont été extrêmement réactifs, et un mouvement de “Je suis un 9%” est né. On trouve désormais des bannières, un hashtag sur Twitter, et un groupe Facebook.

9 pour cent

Un autre débat commence également à surgir autour du slogan “Je suis un 9%”. Veut-il dire qu’on juge négatif le bilan de 10 ans de règne de Mohammed VI, ou bien qu’on est pour la liberté de la presse?

Dans mon cas, mon jugement de la décennie de règne, reste très mitigé. Il y a eu beaucoup d’avancées dans tous les domaines, mais énormément d’occasions ratées en une décennie. Le débat est très large en tout cas… Le fait pour moi d’adhérer au mouvement “Je suis un 9%” souligne surtout que je suis pour la liberté d’expression, et pour que les marocains puissent juger celui qui les gouverne vraiment, et qui concentre la quasi-totalité des pouvoirs entre ses mains.

EDIT : Une dépêche de l’AFP donne le détail des chiffres du sondage.

Scandale électoral à Oujda

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Après 2 semaines de feuilletons électoraux cuits à toutes les sauces (politiques) pour élire les conseils des villes, un scandale électoral digne d’un film d’Emir Kusturica a lieu en ce moment même à Oujda.

Pour résumer l’histoire, le scrutin du 12 Juin a conduit 4 formations politiques au Conseil de la Ville : le PJD (21 sièges), le MP (14 sièges), l’Istiqlal (13 sièges) et le PAM (16 sièges). Un accord initial entre le PJD et le MP prévoyait une coalition pour gouverner la ville, et barrer la route au maire sortant, M. Haddouch (PAM), qui a le soutien de Omar Hjira (Istiqlal), frère de Taoufik Hjira, ministre de l’Habitat.

Le jour de l’élection du Conseil, le pacha d’Oujda, lève la séance illico-presto faute de quorum. Des conseillers arrivent légèrement en retard, mais il refuse de les comptabiliser. Les protestations fusent, et le PJD est accusé par ses opposants de “séquestrer” les élus du MP. Le Procureur du Roi se déplace au domicile d’un élu PJD, et constate lui même que les élus du MP sont libres de leurs mouvements, et qu’ils se sont réfugiés chez l’élu du PJD pour préserver leur intégrité physique, et d’éviter de subir des pressions de la part de l’Istiqlal et du PAM. On emmène tout le monde au poste pour prendre leurs déclarations, mais ils subissent également un interrogatoire des Renseignements Généraux.

Les RG leur posent un tas de questions, sur leur passé et sur leur activités politiques. D’après le témoignage de l’élue MP, Fadoua Manouni (vidéo ci-dessus), ils essaient par tous les moyens de l’intimider, et de la dissuader de voter PJD. Son interlocuteur évoque un “ordre royal” d’empêcher l’élection d’un maire PJD pour Oujda. Il accuse également les élus PJD d’appartenir à des cellules terroristes…. Fadoua Manouni persiste, et son interlocuteur la menace de révéler des “photos compromettantes” qu’il possèderait de l’élue si elle refuse de coopérer. N’ayant rien à se reprocher, elle s’entête, et refuse de se soumettre.

L’affaire a pris une très grande dimension. Les chefs des partis politiques impliqués se sont déplacés à Oujda, et le SG du PJD, M. Benkirane a demandé un arbitrage royal pour départager les partis. Une nouvelle séance de vote est prévue ce Vendredi 3 Juillet.

Pour résumer, le Makhzen utilise tous les moyens possibles et imaginables pour empêcher les islamistes de diriger Oujda, et utilise sa marionnette PAM pour arriver à ses fins. Les urnes ont donné le PJD largement gagnant, et la moindre des choses serait de respecter la logique démocratique, et de laisser faire les alliances entre partis, et surtout laisser les RG loins de tout ça. N’y a-t-il pas assez de voyous à surveiller dans les villes? 🙂

Je propose un nouveau slogan pour les campagnes de communication du Ministère de l’Intérieur lors des prochaines élections :

“Votez. On s’occupe de tout, vous s’occupez de rien.”

Edit : M. Omar Hjira a été élu maire d’Oujda grâce au soutien de son parti (Istiqlal), du PAM, et du MP. Les pressions du Makhzen sur le MP ont donc fini par payer… Pour la démocratie (la vraie), revenez plus tard…

Victoire électorale du parti de l’ami du Roi

Elections Maroc

Source : L’Express

Le Front de la Défense des Institutions Démocratiques (FDIC), créé il y a un an, et dirigé par M. Ahmed Réda Guedira, ami proche du Roi, a gagné les élections de 1963, en obtenant la majorité des sièges au cours d’élections qui se sont tenues ce vendredi sur tout le territoire marocain. Le FDIC auquel se sont ralliés plusieurs membres d’autres partis politiques à la veille des élections, a pour programme électoral le renforcement du processus démocratique, et l’application d’un ensemble de réformes économiques visant à promouvoir l’emploi et à la création de richesses qui bénéficieraient à tous les citoyens marocains. Le FDIC est donc déclaré grand gagnant de ces élections face aux socialistes et à l’Istiqlal. Le Ministère de l’Intérieur a déclaré que les élections se sont passées dans d’excellentes conditions, et sans incident notoire. Les partis de l’opposition ont réclamé l’ouverture d’enquêtes, suite à des cas de fraude. Le procureur du Roi a décidé l’ouverture d’une information judiciaire établir la véracité de ces propos.

Vous voulez jouer à une petit jeu? Remplacez FDIC par PAM, 1963 par 2009, Réda Guedira par Fouad Ali El Himma, et le tour est joué. L’Histoire n’est-elle pas un éternel recommancement? Vous n’y comprenez rien? C’est pas grave. Personne ne sait comment un parti vieux d’un an a pu couvrir 60% des circonscriptions, et comment ils ont pu gagner 20% des sièges… Tout ce qu’on sait, c’est que le PAM s’est défini dans les milieux ruraux et péri-urbains, comme le parti du Roi. Et comme personne ne veut être contre le Roi, les électeurs votent forcément PAM…

Le PAM a voulu être le trublion du paysage politique marocain, et c’est bien réussi. Reste à connaître maintenant leur plan pour les années à venir. Les élections législatives de 2012? On applique la même recette, et c’est dans la poche.

Tout ce que j’espère maintenant, c’est que les livres d’histoire ne parleront pas un jour d’un “printemps marocain” qui aura duré 10 ans.

Pour le reste, circulez, il n’y a rien à voir. Et rendez-vous dans 20, 30 ou 40 ans. Peut-être…

De la Chabatisation de la vie politique au Maroc

Elections au Maroc

En cette période de campagne électorale pour les élections municipales, où les idées et les programmes devraient s’affronter, on assiste encore une fois à un débat (voire à un combat) de très bas niveau. On est devenus habitués à des politiciens à la limite du “voyoutisme”, et qui forgent à coup de déclarations incendiaires, de mercenaires payés à l’heure, ou d’actes politiques spectaculaires à la limite du ridicule, une réputation de héros des temps modernes, dans un monde ou l’élite politique est en proie à la déchéance. Les prédicateurs de ce “courant” sont connus et reconnus. Ils jouissent d’une aura locale, souvent issue d’affaires juteuses, de milices de mercenaires bien connues des habitants de ces villes, et d’une soif de pouvoir sans commune mesure.

J’ai pu voter pour la première fois lors des élections municipales de 2003. C’étaient les premières élections municipales organisées sous le nouveau règne, et on nous promettait les élections les plus transparentes de l’histoire du Maroc. Ce qui revient à dire que la voix des citoyens sera respectée à la lettre. A l’issue du scrutin, les observateurs étaient unanimes à dire que les élections étaient effectivement libres et démocratiques. Sauf que les magouilles se sont passées ailleurs : lors de la constitution des Conseils des villes. A Rabat par exemple, l’USFP était classé premier, mais n’avait pas de majorité absolue pour gouverner la ville. Il devait donc s’allier avec d’autres partis pour constituer une majorité. Sauf que TOUS les autres partis politiques (mis à part le PPS) se sont alliés  pour constituer une majorité. Rabat s’est donc retrouvée gérée par une coalition de MP-Istiqlal-PJD. Une chimère politique qui ne ressemble à rien… Résultat, la gestion de la ville est catastrophique, et un rapport de la Cour des Comptes est accablant pour le maire Bahraoui. Le rapport relève, entre autres, que le conseil de la ville a créé 700 emplois fictifs!

A Fès, la gestion de la ville par M. Chabat n’a guère été meilleure. Il a également été accablé pour mauvaise gestion par la Cour des Comptes. Des dépenses non justifiées de 2 milliards de DH ont été constatées par la Cour! Non M. Chabat, il ne suffit pas de couvrir la ville de fontaines pour dire que la gestion a été exemplaire! Le désormais spécialiste des boutades à la marocaine, jouit d’une aura sans précédent. Ses sorties médiatiques lui ont valu d’être constamment à la Une ces dernières semaines, et le débat politique sincère en souffre beaucoup. Une vidéo qui a beaucoup circulé sur Internet suffira à vous convaincre que ce monsieur ne fait qu’assurer le spectacle à défaut d’autre chose.

Supposons que ce monsieur devienne un jour Secrétaire Général de l’Istiqlal, et que celui-ci gagne les élections. Supposons également que la logique démocratique soit appliquée à la lettre. Il devrait donc logiquement être désigné comme Premier Ministre. Qu’aura-t-on à faire? Moi en tout cas, j’ai déjà choisi un endroit paisible pour un exil volontaire : L’île des Sanafir (si, si, ça existe!). En espérant qu’il n’y ait pas de Sanfour Chabat parmi la population indigène de l’île…

Mais le véritable phénomène cette année, est incontestablement le PAM. Ce parti sorti de nul part (enfin si quand même…), et qui réussit, après moins d’un an d’existence à couvrir 60% des circonscriptions, devançant l’Istiqlal du haut de ses 66 ans d’existence. Comment peut-on réussir une telle “performance” sans attirer les opportunistes et les arrivistes de tout bord. Que peut-on espérer des élus d’un parti qui dénonce l’application de la Loi? La question à se poser maintenant : quels sont les plans du Makhzen autour du PAM. Personne aujourd’hui ne peut se vanter d’avoir une réponse à cette question, tellement les enjeux sont flous, et les évènements de plus en plus incohérents et imprévisibles. Les secrets du Makhzen sont encore une fois impénétrables…

Que faire alors le 12 Juin? Voter en espérant influer un tout petit peu sur le cours des choses, ou s’abstenir et laisser les vendeurs de voix faire leur marché, et récupérer l’autre paire de babouche tant convoitée, ou l’autre moitié de la coupure de billet de 200 DH? Un avis très personnel me pousse tout de même à préférer la première solution. Si on ne veut pas voter pour un programme ou une personne en particulier, on peut tout de même faire son choix pour le moins mauvais des candidats, ne serait que pour barrer la route à ces voyous qui nous pourissent tant la vie…

Qui veut devenir ambassadeur du Maroc au Palau?

Décidément, la diplomatie marocaine ne finira jamais de nous étonner. Un communiqué de notre agence nationale libre et indépendante (MAP), nous apprend que le Maroc allait établir des relations diplomatiques avec la République du Palau. Pour ceux qui n’ont aucune idée d’où se trouve ce pays, ni à quoi ça ressemble, je vous en fait une brève présentation.

Carte Palau

Le Palau est un archipel situé dans l’Océan Pacifique au large de l’Indonésie, les Philippines et la Papouasie Nouvelle Guinée. État de 20 000 habitants, il était un territoire sous tutelle américaine, jusqu’à son indépendance en 1994. Le pays vit de tourisme, d’agriculture et de pêche.  Voila, vous savez tout maintenant sur le Palau.

Revenons  au communiqué de la MAP. Le Maroc et le Palau “se déclarent pleinement persuadés que l’établissement de ces relations diplomatiques sur la base de l’égalité, l’indépendance, l’intégrité territoriale et la non-ingérence dans les affaires internes des États correspond aux intérêts des deux pays et renforcera la paix et la sécurité internationales”.

Oui, vous avez bien lu : La paix et la sécurité internationales. Un pays moins peuplé que la charmante ville d’Erfoud, sera notre allié pour renforcer la Paix dans le Monde. On se croirait devant un discours de Miss Monde fraichement élue!

Mme la Ministre des Affaires Etrangères du Palau ajoute également que son pays ” contribuera à résoudre le différend régional sur le Sahara”. Là où on s’est cassé la tête pendant 35 ans pour trouver une solution, on n’attendait que le soutien du Palau pour s’en sortir.

Honnêtement, je ne vois qu’une seule explication à cette blague, le Maroc cherche à tout prix à augmenter le nombre des pays le soutenant dans l’affaire du Sahara, quitte à chercher des pays de la taille d’un village. On veut faire du chiffre et c’est tout. Et on annoncera tout fièrement aux marocains que le nombre des pays soutenant le Maroc dans sa cause nationale a encore augmenté d’un ou deux pays.

On rompt nos relations diplomatiques avec des pays de la taille et de l’importance de l’Iran, à cause de “gamineries diplomatiques”. On n’arrive pas à s’entendre avec nos voisins de l’Est, et on maintient nos frontières fermées depuis 15 ans. On est faché avec la moitié des pays africains, et on ne siège plus à l’Union Africaine depuis 25 ans. Et qu’est ce qu’on fait pendant ce temps? Ben, on envoie un ambassadeur au Palau.

Palau

Sauf si on veut offrir un job de rêve à une peronnalité marocaine pour “Services rendus à la Nation”. Un job tellement plus prestigieux que le meilleur job au Monde, car on ne fait pas que surveiller les poissons et les albatros, mais qu’on est tout de même Ambassadeur! Et qui d’autre que notre bien aimé Premier Ministre mériterait une retraite anticipée au Palau ? 🙂

Le Maroc déclaré “Régime autoritaire”

Democracy

Le très sérieux The Economist a publié une étude portant sur les démocraties dans le Monde. Et le constant est sans appel : le Maroc est classé au 120ème rang (sur 167 pays étudiés) dans la catégorie “Régimes autoritaires”. Le classement s’est basé sur 5 critères : Processus électoral et pluralisme, Fonctionnement du gouvernement, Participation politique, Culture politique, et enfin Libertés civiles.

Sans surprise, ce sont les pays scandinaves qui trustent les premières positions (mais qu’est ce qu’ils doivent s’ennuyer là-bas alors!), les Etats-Unis 18ème et la France 24ème.

L’Espagne et le Portugal qui étaient jusqu’au milieu des années 70 sous une dictature miltaire, sont classés respectivement à la 15ème et 25ème place. L’Afrique du Sud,  sous le régime de l’Apartheid jusqu’en 1990 est à la 31ème position. Le Chili, dictature sous Pinochet jusqu’à la fin des années 80 est à la 32 ème place.

Le Maroc est donc derrière le Cap Vert (34), le Timor Leste (47), le Sri Lanka (57), la Mongolie (58), le Lesotho (71), l’Albanie (81), le Mali (83), Palestine (85), le Sénégal (93)…

Dans le voisinage de notre classement, on a de la bonne compagnie. Celle de nos frères arabes qu’on aime tant. Celle de l’Iraq (116), la Jordanie (117), la Mauritanie (118), l’Egypte (119), le Koweit (129), le Bahrain (130), l’Algérie (133), la Tunisie (141)…

Un joli pied de nez à tous ceux qui déclarent le Maroc comme un oasis de démocratie et un modèle pour tous les pays cherchant leur voie démocratique.

Le cocotier a vraiment besoin d’être secoué…

Et si l’étude de “Notre ami le roi” était progammée au lycée?

Notre ami le roi

J’ai terminé cette semaine la lecture du fameux “Notre ami le roi” de Gilles Perrault, et je crois sincèrement qu’il fait partie d’un des meilleurs livres écrits sur le Maroc des années de plomb. Il y a de cela quelques années, j’avais lu “Lords of Atlas, the Rise and Fall of Glaoua” (Glaoui, Dernier Seigneur de l’Atlas) de Gavin Maxwell, qui raconte la montée en puissance, puis la déchéance des deux frères Thami et Madani Glaoui, qui ont façonnés, à leur manière, l’histoire du Maroc et des zones qu’ils gouvernaient. Ces deux livres représentent pour moi, les meilleurs témoignages de ce que fut le Maroc du XXème siècle.

Ma première lecture sur les années de plomb fut en 2000 (j’avais 16 ans à l’époque). Il s’agissait des mémoires de Mohamed Raïs sur le bagne de Tazmamart qui paraissaient quotidiennement sur les colonnes d’Al Ittihad al Ichtiraki. Il m’arrivait souvent d’assister à des conversations sur les violations des droits de l’homme, les kidnapping, les tortures… Mais avant de lires les mémoires de Raïs, jamais je n’aurais imaginé que des gens avaient pu vivre dans des conditions pareilles pendant plus de 18 ans. J’ai pu lire ensuite divers livres, articles et témoignages sur ces années de plomb. La lecture de “Notre ami le roi” ne m’a pas apporté d’informations sensiblement nouvelles par rapport à ce que j’avais lu avant (mis à part quelques détails et anecdotes), mais c’est surtout l’effet de bombe qu’il a eu à l’époque de sa parution qui me fascine. Certains disent que sans la parution de ce livre, les prisonniers de Tazmamart auraient passés quelques années supplémentaire dans ce terrible bagne, et que le régime aurait continué ses exactions sans être inquité…

L’émission “Chahid 3ala l3asr” actuellement diffusée sur Al Jazeera, suscite un fort engouement ces dernières semaines au Maroc. Le témoignage de Ahmed Marzouki, l’ex-détenu de Tazmamart, relate avec beaucoup de talent, des détails sur la tentative de putsch en 1971, ainsi que son séjour dans le terrible bagne désertique. Les marocains ont, pour la première fois, l’occasion de voir sur leurs télés (ou plutôt sur celle du Qatar…), une personne raconter avec autant de détails ce qu’elle a pu endurer comme souffrances durant une vingtaine d’années.

Cet engouement se justifie surtout par une chose : on connaît mal notre histoire moderne, et on a très envie de la connaître. Mis à part une poignée de marocains, qui ont lu les quelques livres témoins des années de plomb, peu de gens connaissent les détails de ce coté obscur de notre histoire. Mais alors que nous enseigne-t-on à l’école? Mes souvenirs de cours d’histoire et géographie de collège et lycée me rappellent qu’on avait surtout parlé (en vrac) de Massinissa, Juba II, la politique des barrages au Maroc, l’économie de la Libye et que, surtout, toutes les dynasties marocaines étaient incroyablement puissantes avec des royaume qui s’étendaient du fleuve Sénégal jusqu’aux environs de Madrid (Jdoudna kanou s7a7, merci Hoba). Bon j’exagère un peu, il y avait aussi des cours intéressants, mais essayez de faire un tour dans un lycée marocain, et demandez aux étudiants de vous citer les dates des deux tentatives de putsch contre Hassan II, de vous décrire qui était Oufkir ou Dlimi, ou de vous parler de Mehdi Ben Barka. Très peu pourront le faire. Pourtant, une des recommandations de l’Instance Equité et Reconciliation, était bien de “construire une mémoire collective”.

Par où commencer? Les manuels scolaires surement. Que les lycéens sachent ce qui s’est vraiment passé pendant plus de 40 ans au Maroc. Que des gens ont été emprisonnés, torturés, kidnappés, tués, à la défense de certains idéaux (certes pas toujours très démocratiques). Le Maroc d’aujourd’hui est en partie façonné par ce qui s’est passé pendant ces années de plomb. Le comprendre reviendrait à déchiffrer des évènements, pas toujours connus du grand public, qui se sont passés il y a 20 ou 30 ans. Éviter que cela ne se reproduise un jour, reviendrait à bien assimiler les leçons du passé.

Et si on programmait la lecture de “Notre ami le roi” au lycée? Certes, le livre comporte des détails intimes de la vie du sérail qui n’ont pas vraiment leur importance pour l’Histoire. Mais épuré de certains passages, ce livre est un rare concentré d’histoire du Maroc,  de l’indépendance à 1990, écrit dans un style très fluide, et facilement abordable. Ce n’est peut-être aujourd’hui qu’une utopie, mais qui sait?

Je terminerai par cette phrase de Feu Driss Benzekri : « Il s’agit non pas seulement de partager la connaissance et la réappropriation du passé mais aussi de faire surgir dans le présent et le débat contradictoire, des normes et des règles communes de vivre et bâtir ensemble le futur… ». A bon entendeur…

PS : Quelqu’un sait si le livre est toujours interdit au Maroc? Est-il en vente libre dans les librairies?

Quand Bouteflika pirate Google…

Non ce n’est pas une blague! Les algériens abonnés à l’opérateur EEPAD qui tentaient d’accéder à la page locale de Google en Algérie, tombaient sur cette page :

Google Bouteflika

Source (Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Le problème qui a duré près de 3 heures et demi, est maintenant résolu, et beaucoup s’interrogent sur l’origine et les instigateurs de cette “attaque”. Il pourrait s’agir d’une manipulation de DNS au niveau de l’opérateur qui a fait rediriger le domaine de Google.dz vers celui du site de la campagne présidentielle de Bouteflika, candidat à un troisième mandat présidentiel, dans les élections qui se déroulent le jeudi 9 Avril prochain.

Palestine Island

Palesting West Bank Island

(Cliquez sur l’image pour l’agrandir)

Les images sont souvent plus expressives que les mots. On entend souvent parler des innombrables barrages israéliens en Cisjordanie. Des souffrances des palestiniens pour se déplacer d’un point à l’autre. Des agriculteurs qui ont vu leur terre séparée par un checkpoint. Parsemés de colonies israéliennes, les territoires palestiniens ressemblent à un archipel. Tels des confettis dispersés dans une mer abyssale. Cette carte dessinée par Julien Bousac, résume beaucoup de choses. Beaucoup de souffrances. Et ne peut que forcer l’admiration face au courage et à la persévérance de tous les palestiniens qui endurent ce calvaire depuis trop longtemps.

Via Strange Maps.

Palestine : Une troisième voie est-elle possible?

Génocide, crime de guerre, crime contre l’humanité… Aucun mot n’est suffisamment fort pour décrire ce que subit la population de Gaza de la part de l’armée de l’occupant israélien. Une armée assoiffée de sang, ne se posant aucune limite morale, et qui sert des enjeux purement électoraliste de politiciens véreux.

Aucune justification n’est valable pour semer la mort et la destruction dans ce minuscule territoire, considéré comme un des plus denses au Monde. Des centaines de morts et des milliers de blessés sont “sacrifiés” pour assurer la “sécurité” de colons, et protéger leurs villa cossues des tirs de la résistance palestinienne. Car oui, ce sont des résistants, et non des terroristes comme on a tendance à nous les présenter dans les médias occidentaux. Ils combattent un occupant, qui non content d’avoir confisqué toutes leurs terres, s’acharne à les affamer et les enfermer depuis des années, dans une prison à ciel ouvert de 350 Km². Qui aurait pû traiter le Général de Gaulle, Winston Churchill ou Franklin Roosevelt de terroristes, lorsqu’ils combattaient l’occupant nazi?

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