Comparatif des tarifs bancaires au Maroc

Banques Maroc

 


Article gagnant du Maroc Blog Awards 2010, dans la catégorie “Meilleur article de blog de l’année”.

Avec un taux de bancarisation de 40%, le Maroc est classé parmi les premiers pays arabes et africains. Malgré des tarifs souvent jugés élevés, et parfois injustifiés, de plus en plus de marocains ouvrent un compte bancaire pour pouvoir bénéficier de la multitude de services qui y sont associés.

Depuis 2006, un accord entre le Groupement Professionnel des Banques du Maroc (GPBM) et Bank Al Maghrib prévoit la gratuité pour certaines opérations basiques comme l’ouverture et la clôture des comptes, délivrance de chéquiers, envoi de relevé de compte mensuel, versement d’espèces…

Une autre obligation concerne la transparence des prix pratiqués. Les agences bancaires sont tenues d’afficher leurs tarifs bancaires dans les agences. Lors de ma tournée dans des agences bancaires de Rabat, elles affichaient toutes clairement ces tarifs, mis à part une agence du CIH, qui affichait des tarifs obsolètes depuis quelques mois… Par contre, la quasi-totalité des banques n’affichent pas le détail des tarifs bancaires sur leurs sites Internet, exception faite de la BMCI et de la SGMB, même s’ils sont difficiles à trouver pour cette dernière. Une mention spéciale tout de même pour le Crédit Agricole qui n’a pas de site web!

Comparer les tarifs bancaires n’est pas du tout aisé. Certaines banques facturent des opérations par unité, d’autres proposent également à leurs clients des packages bancaires incluant les opérations les plus courantes. Par choix de simplicité, j’ai choisi d’ignorer ces packages, et ne traiter que les tarifs des opérations à l’unité.

Pour réaliser un comparatif entre les banques marocaines, j’ai essayé d’établir un profil type de client réalisant un certain nombre d’opérations payantes par an :

  • Frais de tenue de compte.
  • Carte Visa Classic.
  • Un virement classique hors place tous les 3 mois.
  • Un encaissement de chèques tous les 2 mois.
  • 2 retraits GAB dans une banque tierce par mois.
  • Une opposition sur chèque par an.

Faute d’informations suffisantes, je n’ai pas pu inclure les tarifs d’accès aux services web et les frais applicables aux prélèvements bancaires.

Voici donc un aperçu des tarifs pratiqués par les 7 banques comparées : la Banque Populaire (BP), Attijariwafa Bank (AWB), la Société Générale Marocaine des Banques (SGMB), le Crédit du Maroc (CdM), la Banque Marocaine du Commerce Extérieur (BMCE), la Banque Marocaine pour le Commerce et l’Industrie (BMCI), et le Crédit Agricole du Maroc (CAM).  Tous ces tarifs sont Hors Taxes.

Tableau Tarifs Bancaires Maroc

Graphe Tarifs Bancaires

On relève donc que la Banque Populaire (BP) est la banque la moins chère, tandis que la BMCI est la plus chère selon ce comparatif.

Ces disparités s’expliquent surtout par des raisons de stratégie commerciale. La BP ou le Crédit Agricole du Maroc (CAM), se sont traditionnellement orientées vers une clientèle populaire souhaitant avoir accès à des services basiques facturés à des prix abordables. D’autres continuent à pratiquer des prix plus élevés afin de sélectionner des clients plus aisés et ayant des dépôts plus importants.

Il est à noter que d’autres établissement bancaires comme la Banque Postale ou la Trésorerie Générale du Royaume appliquent des prix encore plus bas, mais ne proposent que des services bancaires réduits au minimum. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas été inclus dans ce comparatif. Il n’est par exemple pas possible d’obtenir de carte bancaire chez ces 2 établissements.

Pour conclure, il apparait clairement que les tarifs restent tout de même élevés pour un pays comme le Maroc qui vise à bancariser 60% de sa population en 2013. Beaucoup de banques dans le monde appliquent aujourd’hui des tarifs bancaires très bas, ne facturent plus de frais de tenue de compte, et appliquent uniquement des frais annuels aux détenteurs de cartes bancaires. Le but de ces banques est de surtout attirer les dépôts (en domiciliant les salaires par exemple), et de les utiliser pour des activités plus rémunératrices comme l’octroi des crédits ou l’investissement sur les marchés financiers. Au vu de leurs résultats financiers annuels exceptionnels, nos banques pourraient faire un effort, non?

Le Bonheur National Brut au lieu du PIB?

Bike Copenhagen

Lors d’un récent voyage dans les pays scandinaves, une chose m’avait tout de suite marquée. A tout heure de la journée, quoi qu’il fasse comme météo, et partout où on allait, les gens arboraient de grands sourires. En enchainant les conversations, dans les trains, les auberges de jeunesse, les restaurants ou les terrasses de cafés, on se rendait compte tout de suite que c’est un peuple heureux! Et puis c’est vrai, à chaque fois qu’il y avait des classements de PIB, de développement humain, de corruption, de liberté d’expression, les pays scandinaves caracolaient en tête… Mais une question se pose alors. Pourquoi dans d’autres pays, qui disposent des PIB les plus élevés par habitants (Cf Classement), les gens ne sont pas aussi heureux. Ne nous a pas tant vanté les effets de l’augmentation de la richesse par habitant sur le bonheur des peuples? Ou est-ce que l’argent ne fait vraiment pas le bonheur?

Ceux qui prennent le métro parisien chaque jour savent bien à quel point les gens peuvent avoir un bon niveau de vie, satisfaire à tous leurs besoins vitaux, sans pour autant être heureux. On lit rarement autre chose que de la morosité sur le visage d’un parisien dans le métro…

Le roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuk, a compris cela il y a bien longtemps, et a décidé en 1972 que le bonheur national brut (BNB) sera désormais un concept plus important que le PIB dans les statistiques nationales du Bhoutan. Là aussi une question se pose. Comment calculer le bonheur d’une nation? Quels critères retenir, et comment les pondérer dans l’indice final? Le Bhoutan, qui est, rappelons le, un pays bouddhiste, a choisi quatre indicateurs pondérés équitablement dans l’indice : croissance et développement économique, conservation et promotion de la culture, sauvegarde de l’environnement et utilisation raisonnable des ressources naturelles, et la bonne gouvernance raisonnable. Le BNB est donc pour la monarchie bhoutanaise un moyen d’orienter la politique du pays vers une croissance raisonnable et respectant les ressources naturelles, ainsi que la défense d’une forte identité culturelle.

Au Bhoutan, l’école est de qualité, le système de santé et gratuit et ouvert à tous, et vivre en paix avec la nature fait partie intégrante de la culture locale. Il se trouve que ces 3 composantes sont également la clé de voute du système scandinave. Les habitants ont un niveau très élevé d’éducation, le système de couverture santé est parmi les meilleurs au Monde, et le respect de la nature fait partie intégrante de la vie quotidienne en Scandinavie. Tous les sites naturels sont ouverts à la population au nom du “Droit d’accès à la nature“. Ces 3 composantes sont elles suffisantes à un bonheur national?

Une étude de l’University of South California a démontré qu’une fois qu’un certain niveau de revenu minimum était atteint, il n’y avait plus de progression dans le bonheur. Pour preuve, l’étude mentionne que malgré la progression spectaculaire du PIB par habitant depuis la 2ème guerre mondiale, le niveau de bonheur n’a pas augmenté. En revanche, à l’intérieur d’une même société, les gens les plus riches paraissent les plus heureux. Ces résultats concluent au fait que dans les sociétés qui ont atteint un certain niveau d’éducation et de santé, le bonheur ne dépend donc pas uniquement de la richesse individuelle, mais surtout de la richesse par rapport aux autres membres de la société.

Et c’est justement là où les pays scandinaves excellent. Les écarts entre riches et pauvres sont relativement minimes. Et il est dans la culture locale de ne jamais se montrer hautain ou supérieur aux autres. Il est très mal vu de vanter ou de montrer ses richesses, ou d’en parler. Tout le monde se fond dans la masse. Le matin, pour aller au travail, beaucoup utilisent leurs bicyclettes. Et impossible de distinguer l’ouvrier du ministre (pour ne pas dire du prince).  C’est peut-être cela qui fait que le modèle scandinave est unique. Et c’est peut-être aussi pour cela qu’ils sont si heureux. Certains diront même, qu’ils sont tellement heureux, qu’ils s’ennuient à mort. Une vie sans problèmes, ça manque de piment… Et le taux de suicide élevé dans ces pays n’est certainement pas étranger à ce facteur…

Et le Maroc dans tout ça? Nous avons le système éducatif et le système de santé que l’on connait, et le respect de l’environnement commence à peine à entrer dans les moeurs. Les disparités sociales sont flagrantes. Jamais l’écart entre les plus riches et les plus pauvres n’a été aussi élevé. Et pourtant, je n’ai jamais eu le sentiment que le Maroc est un pays où les gens sont malheureux. Pour une raison à mon avis : la religion.  Les gens apprennent à être satisfait du peu qu’ils ont, en attendant des jours meilleurs. Mais là, c’est un autre débat…

Et si l’argent du foot allait à la recherche scientifique?

Football Maroc

Ceux qui me connaissent bien, savent à quel point je suis allergique et ignorant dans le domaine du foot. Un exemple simple pour l’illustrer. Il y a quelques semaines, des amis discutaient devant moi du transfert d’un certain Ronaldo. J’étais un petit peu étonné, car le Ronaldo que je connais était devenu quelque peu âgé, après avoir remporté les Coupes du Monde en 1994 et 2002 et avoir perdu celle de 1998. Sauf que j’apprenais, à ma grande stupeur, qu’il existait un homonyme qui était plutôt de nationalité portugaise et que tous les clubs rêvaient d’avoir dans leurs rangs. C’est vous dire que je suis vraiment un cas désespéré dans ce domaine…

Mais quand j’ai entendu qu’un fonds spécial (encore un…), doté de 250 millions de DH, allait être créé pour soutenir le foot au Maroc, je me suis posé beaucoup de questions, et je me suis intéressé de près au sujet.

J’ai appris entre autres, que le sélectionneur national, M. Roger Lemerre, gagnait 37500 Euros par mois (en devises bien sûr), et que pour rompre le contrat prématurément, la Fédération devrait verser 20 millions de DH d’indemnités.

J’apprends par même occasion que les stades en construction à Tanger et Marrakech vont coûter respectivement 850 millions et 1 milliard de DH au contribuable. Au total, une enveloppe budgétaire de 4,6 milliards de DH a été allouée à la construction de nouveaux stades au Maroc.

Dans un pays, où 15% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, où 40% de la population est analphabète, et où le taux de chômage est de 10% (officiellement, mais tout le monde sais qu’il est beaucoup plus élevé…), cet argent ne pouvait-il pas servir à autre chose?

La MAP nous apprend que le football au Maroc est “un facteur de cohésion sociale, de convivialité et d’unité autour des valeurs marocaines”. Au point d’y consacrer des milliards de DH, pour les résultats que l’on connait? N’y a-t-il pas d’autres domaines ou valeurs qui réunissent les marocains?

Les pays qui planifient leur avenir à long terme, pensent plutôt à investir dans la recherche scientifique, dans l’éducation de leurs enfants… Le sport est très important dans le développement des sociétés, c’est indéniable. Mais au point d’y consacrer des sommes aussi conséquentes, dans un pays qui en a besoin ailleurs, et où on des gens meurent encore de froid?

Le financement du sport devrait plutôt se faire à un niveau beaucoup plus bas : construire des équipements sportifs de proximité, encourager la pratique du sport pour toutes les tranches d’âges, promouvoir le sport universitaire (autre que les courses à pied et le foot!). Laissons les clubs se financer par du sponsoring (ils se débrouillent bien, non?).

Quand je lis qu’en 2009, 69 millions de DH ont été consacrés à l’investissement dans la recherche scientifique, et que d’un autre coté, 250 millions de DH sont consacrés au foot, je suis pronfondément choqué. Et pas du tout rassuré pour l’avenir de mon pays.

Microfinance au Maroc : Quelles perspectives de développement?

Microfinance au Maroc

Il y a quelques mois, je devais choisir un sujet pour mon mémoire de recherche académique, étape indispensable pour l’obtention de mon diplôme. L’exercice est souvent douloureux, vus les vastes domaines proposés par l’école, et que le choix du sujet doit traiter d’une problématique précise et pertinente. Mon choix s’est vite orienté vers la microfinance, mais sous quel angle le traiter?

Je suis tombé sur un classement des institutions de microfinance (IMF) réalisé par le magazine Forbes. Et à mon grand étonnement, trois IMF marocaines étaient classées dans le Top 12 mondial! Pour une fois que ce n’était pas la MAP qui nous l’annonçait! J’ai poussé mes investigations, et j’ai constaté que dans de très nombreux rapports internationaux, l’expérience marocaine en microfinance (qui a une quinzaine d’années) est citée comme exemple de développement. Mais le secteur connaissait quelques problèmes de développement liés à divers facteurs, mais qui étaient communs à plusieurs expériences dans différents pays. Mon choix a donc été de traiter des perspectives de développement de la microfinance au Maroc.

J’ai donc entrepris des contacts avec des IMF marocaines, et j’ai pu aller sur le terrain avec des agents du microcrédit pour constater de fait ce qui se faisait sur le terrain, et comprendre les attentes et les motivations des bénéficiaires. J’étais vraiment impressionné de l’étendue de l’organisation et des moyens mis en place par ces associations. Les bénéficiaires étaient demandeurs, qu’ils soient éleveurs, artisans, petits commerçants… Et les chiffres sont là : plus d’un million de bénéficiaires (dont deux tiers de femmes) et 5 milliards de DH d’encours de crédit. Loin d’en faire des riches, le microcrédit permettait surtout à des pauvres de lever la tête, de développer des revenus complémentaires à des activités qu’ils exercent déjà, et d’améliorer leur niveau de vie.

Sauf que la croissance dans le secteur a été tellement rapide entre 2004 et 2007, que des problèmes avaient fini par apparaitre. Le taux de remboursement qui était jusqu’en 2007 de 99%, a brutalement chuté à 95%, et la 2ème IMF au Maroc, Zakoura, a connu de graves problèmes de gestion, ce qui a mené à son absorption par la Fondation de Banque Populaire pour le Microcrédit, pour éviter sa faillite, et une grave crise de confiance dans le secteur.

Ce qui m’a intrigué dans l’expérience de la microfinance au Maroc, c’est que l’État a très peu intervenu dans le développement du secteur. Il n’a fait que ce qu’on lui a demandé, à savoir un cadre légal approprié, qui permet un développement et un fonctionnement transparent. Preuve que la société civile peut beaucoup faire, même en l’absence d’un soutien actif de l’État. Des garde-fous ont été instaurés pour éviter des débordements et des dysfonctionnements, comme ceux observés en Amérique Latine ou en Inde. Compartamos, une des plus grandes IMF au Mexique a été introduite en bourse, et a connu un succès phénoménal. L’IMF était tellement profitable, que la valeur de ses titres se sont envolés en bourse. Et puis c’est bien connu, les pauvres remboursent très bien, et ils sont tellement nombreux, qu’on peut faire beaucoup d’argent sur leur dos. Les IMF au Maroc, de part leurs statuts d’associations, ne sont pas (encore) tombés dans ce piège. Certes, elles aspirent un jour à devenir des banques mutuelles (ou associatives), mais on en est pas encore là. Leurs missions de développement et d’accompagnement social sont étroitement surveillées par des conseils d’administration indépendants. Elles sont même allées jusqu’à baisser leurs taux d’intérêts ces dernières années, ce qui est unique dans le monde!

La microfinance ne peut être en aucun cas LA solution pour sortir des milliers de gens de la pauvreté, mais un des leviers d’accompagnement. Le rôle de l’État reste primordial. Sans investissements massifs dans l’éducation, les infrastructures, la santé, l’habitat social, la pauvreté ne fera qu’augmenter, et l’écart entre les plus riches et les plus pauvres ne pourra qu’exploser.

Pour ceux qui s’intéressent plus au sujet, je mets à votre disposition le mémoire en PDF.

Bonne lecture!

Dubai : Fin d’un eldorado?

Dubai Crise Crisis

Les nouvelles venant du petit émirat du Golfe ne sont guère bonnes. Un article paru cette semaine dans le Financial Times (également disponible ici), mentionne que certaines sociétés étrangères présentes dans l’Emirat n’ont pas été payées depuis 6 mois. Et les clients de ces sociétés ne sont autres que des géants (largement détenus par l’Etat) tels que Nakheel ou Emaar.

Autre indicateur alarmant, la chute des prix de l’immobilier. Dans certaines parties de la ville, les prix ont baissé de 30% en l’espace de 2 à 3 mois! Et c’est loin d’être fini. La bulle immobilière qui n’a cessé d’enfler depuis le début de la décennie, risque bientôt d’éclater (si ce n’est déjà fait). Des centaines de chantiers sont actuellement arrêtés, poussant les entreprises de construction à licencier les travailleurs étrangers, qui n’ont alors qu’un mois pour quitter l’émirat (sous peine de prison).

La crise n’épargne pas les cadres non plus. Les résidents ont remarqué des centaines de voitures abandonnées dans le parking de l’aéroport international. Licenciés et le plus souvent criblés de dettes, les expatriés occidentaux n’ont trouvé d’autres moyens que de fuir face à la gravité de la situation.

La crise financière mondiale, la baisse du prix du pétrole et l’explosion de la bulle spéculative immobilière ne laissent pas présager une issue à court terme à cette crise. Le Cheikh d’Abu Dhabi, l’éternelle rivale de Dubai, a proposé à l’émirat de racheter une partie de sa dette.

Et le Maroc dans tout ça? Au delà des problèmes que pourraient rencontrer les travailleurs marocains dans l’émirat (ouvriers ou cadres), de sérieuses questions se posent sur les investissement réalisés par les sociétés de Dubai dans le royaume. Lancés en grande pompe en 2006, plus personne n’entend parler des projets de Emaar : Résidences luxueuses et golfs de 18 trous dans la vallée de l’Oukaimden, ou du projet d’aménagement de la corniche de Rabat… S’ajouteront-ils aux gros scandales d’investissements étrangers annoncées dans le passé, sans jamais voir le jour? Il semble qu’on a vite oublié les promesses de Daewoo en 1997 de construire une gigantesque usine de voitures au Maroc (Dont on peut toujours voir la dalle asphaltée sur la route entre Casablanca et Berrechid). Espérons que le projet de Renault Nissan à Tanger ne connaisse pas le même sort…

Le Big Mac Index

Big Mac

Au début, il ne s’agissait que d’une blague. Un journaliste de The Economist publia un article en 1986 stipulant que, vu la composition universelle du Big Mac de McDonald’s, et qu’il était produit localement dans les pays où se trouvent les McDonanld’s, son prix devrait être le même partout dans le monde. Sinon, cela pourrait révéler des sous-évaluations ou des sur-évaluations des monnaies locales. Sauf que l’article a été pris très au sérieux, et qu’on parle fréquemment chez les économistes du Big Mac Index.

Pour évaluer la Parité de Pouvoir d’Achat (ou Purchasing Power Parity – PPP) entre différents pays, il convient d’utiliser un panier de produits disponibles et similaires dans tous les pays étudiés. Cela permet par exemple de comparer les pouvoirs d’achat d’un citoyen marocain et d’un citoyen indien. On peut donc déduire un taux de change réel entre le dirham marocain et la roupie indienne, et le comparer avec le taux de change du marché. Sauf que peu de produits se prêtent à une comparaison objective compte tenu des habitudes de consommation souvent très différentes. De plus la PPA peuvent varier de façon très importante suivant le choix du panier de produits.

Une manière de contourner ces limitations, a été d’adopter le Big Mac Index comme instrument de comparaison et de calcul de la PPA. McDonald’s est présent dans tous les pays riches, et dans beaucoup de pays émergents. Sa composition est la même partout, et on utilise des produits locaux et de la main d’œuvre locale pour le produire. D’où l’intérêt de comparer les prix du Big Mac en monnaie locale pour calculer un taux de change vérifiant la parité de pouvoir d’achat avec un Big Mac américain. The Economist sort d’ailleurs un benchmark annuel sur les prix du Big Mac dans le monde. Et cela permet tout de suite de repérer des monnaies sur-évaluées (Couronne norvégienne ou Franc Suisse), et des monnaies sous-évaluées (Yuan Chinois ou le Baht thaïlandais).

Big Mac Index 2009

Le Big Mac Index a néanmoins quelques limites. Manger dans un McDonald’s est vu comme un privilège de riche dans les pays émergeants, alors que c’est un restaurant pour les couches populaires aux Etats Unis. Cela ne donne pas une idée fidèle sur les habitudes de consommation locales, et fausse en quelque sorte le PPA. Certains ont déjà opté pour un nouvel indice d’un autre produit largement commercialisé dans le monde : le iPod Index 🙂

Quand la capitalisation des banques fond comme neige au soleil…

Capitalisation banquesCliquez sur l’image pour l’élargir

Je suis tombé sur ce graphique très significatif, comparant les capitalisations boursières actuelles de quelques grandes banques européennes, avec leur niveau de juste avant la crise financière (2ème trimestre 2007).

L’image est très révélatrice de l’ampleur des dégats de la crise sur la capitalisation des banques, même si certaines on en souffert plus que d’autres. Mais malgré tout, la plupart tirent leur épingle du jeu, et annoncent quand même des bénéfices pour 2008.

Vivement le boût du tunnel!